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LE SOCLE

  • Au solstice d'été, à la saint-Jean

    L’œuvre que nous voyons ici se nomme La Fête de la Saint-Jean et fut peinte par Jules Breton en 1875. Elle est, hélas, conservée au musée des Beaux-arts de Philadelphie.


    Pieds nus sur l'herbe fraîche et la glaise d'une route aux sillons tracés par les roues des charrettes, une farandole de jeunes femmes tourne joyeusement autour d'un feu. Près d'elles, un jeune homme court, flambeau dressé en main, comme s'il tournait autour de la ronde. Le soir tombe sur cette verte nature agricole, déjà le bleu du ciel s’adoucit de teintes mauves et pastels. Au loin, d'autres hommes brandissent flambeaux ; à droite, un attroupement réunit porteurs de flambeaux près du petit village rural aux toits de chaume. La nuit ne va pas tarder à tomber et, bientôt, les formes ne sortiront de l'ombre que pas les lumières chaudes des feux et froides de la lune qui, gibbeuse et déjà haute, rythme le calendrier agricole.

     

    Gaspard Valènt

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  • Æterni Patris, de Léon XIII

    L’encyclique Æterni Patris est datée du 4 août 1879. Pour son contexte historique, on rappellera que l’Europe dessine alors les prémisses de son suicide de la Grande Guerre. Les fiertés nationalistes s’exacerbent partout sur le continent. La sécularisation des us et des lois s’accélère, en particulier en France, où la jeune IIIe République vient d’exclure symboliquement les autorités religieuses du Conseil des Universités. La condition du peuple laborieux est catastrophique, et sera le terreau des nouvelles idéologies socialo-communistes. Germinal sera écrit cinq ans plus tard par Zola, roman témoin de la vie broyée des petites gens.

    Eu égard à sa fonction, l’Eglise entendra naturellement endiguer et combattre les maux de ce qu’elle nommera dans ses textes officiels du Concile de Vatican I les « erreurs modernes ». Elle diagnostique la sécularisation des peuples, le nationalisme fratricide, la prolétarisation des masses et son faux antidote communiste comme les avatars de cette modernité née des évolutions de la pensée européenne des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

     

    C’est ainsi dans une volonté d’armer les fidèles d’une pensée explicitement antimoderne que l’encyclique Æterni Patris est envoyée aux clercs. Le pape Léon XIII y invite ces derniers à se tourner vers la seule pensée capable de résister aux assauts du monde contemporain : celle du plus grand des scholastiques, le Docteur Commun et Angélique de l’Eglise Catholique, Saint Thomas d’Aquin.

     

     

    Vaslav Godziemba, pour le SOCLE

    La critique positive de Æterni Patris au format .pdf

     

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  • De Republica, de Cicéron

    Un des objets du Socle est d’explorer les pistes de résolutions conservatrices aux grandes crises que traverse actuellement la civilisation européenne. Parce qu’il existe peu de notions aussi mal comprises que le conservatisme, c’est à ce dernier que l’auteur de ces lignes a consacré ses trois précédentes critiques positives, en s’arrêtant sur De l’urgence d’être conservateur, de Roger Scruton, Conservateurs, soyez fiers !, de Guillaume Perrault, et Qu’est-ce que le conservatisme ?, de Jean-Philippe Vincent. Trois lectures passionnantes que le conservatisme méritait amplement, mais il était temps de passer à autre chose, du moins pour le moment. À quoi ? Ces dernières années, la section Libre pensée du Socle a également abordé la question de la monarchie (notamment à travers le royalisme de Maurras) et celle de l’aristocratie (avec Vladimir Volkoff). Et la question demeurait : comment harmoniser ces deux concepts, beaux mais datés, avec ce que nous a apporté de positif la « modernité », comme l’État de droit ? N’avons-nous pas parlé de pistes de résolutions ? Cela tombe bien : Vincent, vers la fin de son ouvrage, propose au conservateur de remonter le temps pour s’arrêter sur la pensée de Cicéron, et notamment son « régime mixte ».

     

    Félix Croissant, pour le SOCLE

    La critique positive du De Republica au format .pdf

     

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  • Catholiques et Identitaires, de Julien Langella

    Que le temps semble loin où le pape Saint Pie X pouvait déclarer fermement : « Si le catholicisme était ennemi de la patrie, il ne serait plus une religion divine ». Naturellement, les critiques fusent aujourd’hui de toute part comme les têtes de l’Hydre : pour les uns – ceux qui ont pignon sur rue – le catholicisme persisterait dans son être « autoritaire », « réactionnaire », voire « fasciste » ; pour les autres – les dissidents au front bas – il est une « religion du désert » égal de l’Islam ou du Judaïsme, responsable du malaise dans la civilisation et des malheurs de nos frères. Dans une alliance de circonstance incongrue, les deux parties s’accordent en fin de compte sur le remède : purger la France de sa Foi et de sa Tradition catholiques, et vous vivrez le meilleur des mondes.

     

    Répondant aux deux apories en un essai indispensable, Julien Langella prouve avec force conviction qu’être identitaire pour le catholique, bien plus qu’une modalité d’existence supplémentaire, est une nécessité qui émane de la Foi même. Pour notre auteur, il ne s’agit pas d’un numéro d’équilibriste bancal, mais bien d’une unité essentielle, rappelant page après page la position officielle de l’Eglise depuis l’aube du message christique. Il est en effet de ces constats incontournables : la France a pu vivre sans mal mil cinq cent ans de christianisme pour seule religion, avec des rois qualifiés de rex christianissimus durant six cent ans, et a pu s’imprégner si ardemment des enseignements de l’Eglise qu’elle en est devenue la fille aînée.

     

    On conviendra dès lors, en se plongeant dans Catholiques et Identitaires, que certaines vérités méritent sans aucun doute d’être dépoussiérées, exposées, et célébrées.

     

     

    Vaslav Godziemba, pour le SOCLE

    La critique positive de Catholiques et Identitaires au format .pdf

     

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  • Qu'est-ce que le conservatisme ?, de Jean-Philippe Vincent

    Le conservatisme jouit en France d’une réputation exécrable, que nous avons déjà étudiée dans une précédente critique positive, dédiée à l’essai Conservateur, soyez fiers !, de Guillaume Perrault. Il est affecté de deux tares : d’abord, son assimilation au néoconservatisme américain, belliqueux et ultracapitaliste ; ensuite, son association à l’immobilisme. Il serait en quelque sorte « l’idéocratie des droits acquis », comme l’écrit l’ancien énarque Jean-Philippe Vincent, auteur de Qu’est-ce que le conservatisme ?, paru en 2016. Un obstacle à toute réforme. La réalité est pourtant bien différente. Le conservatisme est naturellement constitué d’un corpus d’idées, qui sont amplement présentées dans l’essai, mais s’il a su perdurer depuis Aristote, ou au plus tard Cicéron, et sous diverses formes, comme l’augustinisme et le thomisme, c’est qu’il sait aller de l’avant… et surtout qu’il n’est pas qu’une idéologie : il se double de ce qu’on peut appeler un « style de pensée », raison pour laquelle on le confond souvent avec le traditionalisme et l’immobilisme. Ce corpus d’idées se mêle d’« habitudes » qu’un des fondateurs de la sociologie moderne, Karl Mannheim, nomme « intentions de base », la première étant de maintenir les conditions du vivre-ensemble… en s’inscrivant dans la continuité. Il n’a pas de finalité en vue, car il se fonde moins sur des fins que sur des procédures, comme la démocratie pure, ou la common law britannique.

     

    Félix Croissant, pour le SOCLE

    La critique positive de Qu'est-ce que le conservatisme ? au format .pdf.

     

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