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LE SOCLE - Page 5

  • Gaulois vaincus, copies romaines

      Menés par leurs chefs Lutérios et Léonorios, des Gaulois viennent prêter main forte au roi grec Nicomède Ier contre le souverain séleucide Antiochos Ier, en 278 av. J.-C. En échange, les Gaulois reçoivent une terre au centre de l'Anatolie. Ils poursuivront cependant leurs razzias contre les royaumes grecs d'Asie mineure jusqu'à ce qu'en 230 av. J.-C., le roi Attale Ier ne remporte plusieurs victoires définitives contre eux. C'est pour célébrer ces victoires que le royaume de Pergame érigea deux monuments en l'honneur de leurs farouches ennemis, l'un sur l'acropole de Pergame, l'autre sur celle d'Athènes, capitale de la civilisation grecque.

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  • La Victoire de Samothrace

    Apparition divine, la Victoire de Samothrace se pose au milieu du champ de bataille pour offrir à l'armée favorisée par les dieux les lauriers mérités. Contrairement aux peuples d'Afrique et d'Asie, les Grecs n'ont jamais représenté leurs succès militaires par l'écrasement facile d'un ennemi minuscule, fuyard et grouillant. L'image noble et fière de cette compagne d'Athéna leur semblait plus humble, plus respectueuse des divinités présidant au combat et, surtout, plus adaptée a une pensée qui deviendra caractéristique de l'Europe et qui est celle de l'allégorie. La personnification d'un principe sacré par une personne que l'on honore. Comment mieux définir le paganisme ? Comment mieux distinguer le christianisme européen de ses origines asiatiques ? Le respect grec de l'ennemi était tel que, lorsque le roi Attale Ier remporta une bataille décisive contre les Gaulois, il dédia deux monuments en l'honneur de la bravoure de ses ennemis : l'un dans sa capitale de Pergame, l'autre dans cette capitale de la civilisation grecque qu'était Athènes. Tous deux étant composés de plus d'une centaine de statues juchées sur un haut podium. Les Gaulois y étaient représentés dans des attitudes de courage et de valeur guerrière. "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

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  • Les Boues de la Somme, Jean Droit, 1916

    Une cohorte de Poilus assure sa relève dans l'aube grise de la Somme. Humaine coulée de boue hagarde, les soldats avancent péniblement dans un désert qui leur ressemble et où rien ne pousse. Leur corps est hérissé des mêmes piques, leur teint est du même beige, leurs mouvements suivent les mêmes courbes et leur âme porte les mêmes ruines. Bientôt, ils se confondront totalement avec ce sol décharné, comme ce cadavre que l'on voit sur la gauche. "Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière." (Genèse, 3:19)

    Catholique fervent et amoureux de la nature - des étoiles couronnant les branches - Jean Droit fut soldat pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales. Pour chacune desquelles il sera décoré de la Croix de Guerre. Ses oeuvres dépeignent la rudesse des tranchées qu'il connut si bien, et sont à regarder un verre rempli d'un tiers d'anisette dilué dans deux de Calvados à la main, cocktail que les Poilus buvaient pendant leurs pauses. Quel que fut leur style d'avant-guerre, les peintres adoptent tous, au cours de ce conflit, une pâte sale, grise et terreuse. Même les Nabis et même le si ensoleillé John Singer Sargent. Jean Droit était un haut gradé scout répondant au nom de Loup Bavard. Encore sous-lieutenant au moment de cette toile, ses supérieurs disaient de lui qu'il était un "officier observateur très entendu, hardi et se dépensant sans compter. (Il) s'est fait remarquer par son zèle et ses réelles aptitudes. Énergique et très brave." Membre des Croix de Feu pendant l'entre-Deux-Guerres, il se battra sous les ordres du Général de Lattre de Tassigny sous la Seconde, et sera promu officier de la Légion d'honneur.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

  • La Monarchie Aujourd'hui, de Pierre Pujo

    Pierre Pujo, né en 1929 et mort en 2007, fils de Maurice Pujo, cofondateur de la Revue d'Action française aux côtés de Charles Maurras (en 1899), était un journaliste, essayiste, patron de presse, homme politique et, sans surprise, militant royaliste français. Sans doute à la fois désireux de s'insérer socialement et de servir son pays, il a mené une double-carrière, dans la banque d'un côté, cadre conformiste par excellence, et dans la presse réactionnaire de l'autre, en dirigeant le journal des étudiants de la Restauration nationale, AF Université, de 1962 à 1966, l'hebdomadaire Aspects de France, puis le bimensuel L'Action française 2000. En 1988, il publie, aux éditions France-Empire, un livre intitulé La Monarchie Aujourd'hui (un bouquin royaliste publié chez un éditeur nommé France-Empire, allez comprendre). L'objet de cet ambitieux ouvrage est simple : à l'occasion du Millénaire capétien, survenu en 1987, et du Bicentenaire de la Révolution, prévu pour 1989, sonder le rapport du milieu intellectuel français à l'idée monarchique, comme l'avait fait Charles Maurras, en 1900, avec son insurpassable Enquête sur la Monarchie.

     

    Félix Croissant, pour le SOCLE

    La critique positive de La Monarchie Aujourd'hui au format .pdf

     

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  • Danses de la Saint-Jean, Anders Zorn, 1897

    En Suède, le solstice d'été - ou midsommar - est célébré chaque année par une joyeuse fête qui semble n'avoir guère changé au cours du temps. La description qu'en fit Olaus Magnus en 1555, précise et amusante, correspond à ce que nous pouvons voir de nos jours : la communauté danse en couples auprès de feux allumés pour l'occasion, et consomme de l'alcool, notamment de la bière, du hareng frais au vinaigre et aux épices, le mati, des pommes de terre à la ciboulette, de la crème sucrée et des fraises. Célébrée le vendredi entre le 19 et le 25 juin, cette fête - qui a pris le nom de Saint-Jean à partir de la christianisation - se déroule autour et sous la protection du majstangen, ou “arbre de Mai”, que nous voyons au fond du tableau. Il s'agit d'un grand arbre surmonté d'une flèche et décoré de deux anneaux. Ce symbole viril s'érige dans tous les territoires germaniques lors du solstice d'été, mais reste dressé toute l'année sur les îles Aland, État libre situé entre la Suède et la Finlande.

    La scène que nous voyons ici se déroule probablement en Dalécarlie, au centre de la Suède, région d'où le peintre Anders Zorn était originaire. Très attaché à son pays natal, il en a peint la nature, les femmes et les coutumes mieux qu'aucun autre. Sa touche vive crée un flou se mariant particulièrement bien avec le mouvement des danses qu'il représente.

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE