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LE SOCLE - Page 4

  • Colloque ILIADE le samedi 7 avril

  • Livre du Coeur d'amour épris, de René d'Anjou

    La courtoisie est un art de vivre européen caractéristique du Moyen Age. Sans doute lui est-il antérieur, les récentes études sur les troubadours occitans de l'Antiquité semblent montrer combien le fin'amor, comme on disait autrefois, plonge ses racines dans notre histoire la plus profonde. Toujours est-il que c'est entre le XIIe et le XVIe siècle que la courtoisie s'affirme comme la règle de vie du noble européen. Courage dans la guerre et douceur dans l'amour. Durant le Bas Moyen Age, les romans chevaleresques véhiculent la courtoisie et en codifient les règles. L'homme courtois se montre fidèle et loyal envers sa mie, qu'il aime, protège et comble. Il se montre obéissant envers son seigneur et son destin, ne craint point la mort et préfère mil fois son honneur à sa vie. Il ne bat point son épouse, se montre large et généreux envers elle et lui écrit poèmes et lettres douces. Il se bat pour augmenter l'estime qu'elle lui porte, au tournoi comme à la guerre, qu'il y meure ou y survive. Le Livre du Cœur d'amour épris, écrit au milieu du XVe siècle par le Bon Roi René, est un grand classique de la littérature courtoise en même temps qu'un étrange roman onirique, comme le Moyen Age savait en produire, citons Les Visions du chevalier Tondal du Getty. Les ouvrages du Roi René correspondent à l'âge d'or de la civilisation européenne médiévale : poésie courtoise et codification du tournoi, architecture gothique flamboyante et peinture flamande à l'huile, enluminures minutieuses et art de vivre chevaleresque. A la lecture de cet ouvrage, c'est tout cet univers de conte de fées qui se révèle à nous.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

     

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  • Chenonceau

    Depuis cinq siècles, le château de Chenonceau reflète le silence de sa mélodie de pierre dans les eaux bleues du Cher. Le donjon carré de la rive droite en donne les premières notes, aiguës et vives, par son architecture gothique. La symphonie se poursuit sur un rythme plus lent et binaire, dans l'impeccable dessin classique de la galerie sur l'eau. Construit à l'instant où les architectes français adaptaient l'art italien à la manière de bâtir locale, le château de Chenonceau est comme la métamorphose pétrifiée de l'art français au XVIe siècle. Bien plus, c'est tout l'art français du XIIIe siècle au Second Empire qui se déroule sous nos yeux au cours de la visite, incontournable pour tout amoureux de l'art européen.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

     

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  • La Philosophie Tragique, de Clément Rosset

    Qu'est-ce que le Tragique ? Qu'est-ce que l'homme tragique ? Que sont liberté et volonté ? Si nous acceptons le tragique de l'existence, ne nous réfugions-nous donc pas dans le fatalisme ?

    Quiconque connaît un tant soit peu notre longue histoire européenne et se réfère à notre longue mémoire sait que c'est précisément la prise en compte de ce tragique qui fonde la vitalité de nos peuples européens. Et que ceux qui font leur au plus haut degré ce tragique méritent le nom d'aristocrate.

    Clément Rosset nous ouvre avec La philosophie tragique la voie permettant la redécouverte du Tragique. Joie et adversité, Providence et nécessité, le Tragique résiste à toute interprétation, n'offre aucune consolation face à l'irrémédiable. Mais il est le plus beau cadeau fait aux hommes pour peu qu'ils s'en montrent dignes. École difficile faîte de grandeur et d'humilité face à la Providence, l'école du Tragique est une porte donnant sur notre Tradition, sur la métaphysique de l'Absolu de nos ancêtres. Elle est un remède face à l'obsession du bonheur empoisonnant nos contemporains. Lui opposant victorieusement la Joie, la philosophie tragique nous offre de cheminer aux côtés de Dionysos, en aristocrate célébrant la vie dans l'adversité et la reconnaissance.  

     

     

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

     

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  • Tarass Boulba, de Nicolas Gogol (Première Partie)

    Depuis sa première parution en 1842, Tarass Boulba de Nicolas Gogol n’a pas pris une ride. Son « Iliade de la Petite Russie » est ainsi considérée comme l’œuvre la plus lue et traduite de l’écrivain.

     

    Pourtant, de prime abord, le récit semble décorréler de nos préoccupations ; ainsi les éditions Folio le résume comme « Un épisode imaginaire de la lutte des cosaques contre les Polonais dans l'Ukraine du XVIIe siècle ». On peut alors se demander si l’évocation des steppes, cet « océan de verdure et d’or », ne tiendrait pas pour trop abstraite dans nos contrées ? Dans un contexte de tensions, on peut aussi questionner la faisabilité d’une étude des relations entre l’Ukraine et ces voisins. Si la lecture approfondie de l’œuvre ne permettra pas de trancher ces questions, elle apportera pourtant bien plus à l’Européen : la retranscription de l’esprit ukrainien, incarné par son aristocratie guerrière cosaque. Car plus qu’un simple voyage exotique, la force de Tarass Boulba réside dans l’exaltation de l’héroïsme homérique, dans la réactivation continue d’une nostalgie des morts qui galvanisent les vivants. La conservation de cette longue mémoire explique le caractère obligatoire de son apprentissage par les élèves russes et ukrainiens.

     

    Ce récit épique préfigure les bases du grand roman russe de la seconde partie du XIXème siècle. Roman consacré par les célébrissimes Tolstoï et Dostoïevski. Si Tchekhov ne se trompe pas quand il écrit que les écrivains russes sont « tous sortis du manteau de Gogol », dès lors que préfigure le style « Gogolien » ? Comment caractériser le génie littéraire russe ? Pour Georges Steiner, littérateur comparé, le roman russe dépasse les trois grands temps de la littérature européenne – le mythe grec à travers l’épopée d’Homère (VIII siècle av JC), le drame Shakespearien (XVIème siècle), et le réalisme Français (XIXème siècle) – par l’ajout d’une dimension métaphysique créant les conditions de la révélation de « l’âme cachée des choses ».

     

    Note aux lecteurs

    Cette série de trois articles présente l’œuvre Tarass Boulba de Nicolas Gogol Nous consacrons le premier article à l’Histoire des cosaques ukrainiens. Dans le deuxième article nous étudierons les spécificités du mouvement Zaporogue au XVIIème siècle. Enfin nous analyserons l’apport de cette œuvre dans la caractérisation de l’identité ukrainienne.

     

     

    Arthur Costa, pour le SOCLE

    La critique positive de Tarass Boulba au format .pdf

     

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