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LE SOCLE - Page 3

  • La vision dionysiaque du monde

    « L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau » est une des plus fameuses prophéties de Nietzsche. Mais peu savent que pour le philosophe de la grande santé, le monde hellénique se fit lui aussi au bord de la tombe. La confrontation d'Apollon et de Dionysos faillit plonger la Grèce dans l'abîme. Mais ce fut le génie grec que d'associer les deux Dieux et les visions antagonistes de l'existence qu'ils portaient. Et, bien loin de sombrer, c'est par ce dépassement des antagonismes, par cette harmonie des contraires que le monde hellénique fit montre de la plus extraordinaire des vitalités, accord sublime entre force de la volonté et tragique du devenir. A l'heure où l'Europe menace de s'écrouler sous le poids de ses contradictions, Nietzsche nous conjure de méditer l'exemple grec. Non seulement une nouvelle Renaissance est toujours possible, mais en plus est-elle prête à advenir. A nous Européens d'assumer l'ensemble de notre héritage et des composantes fondant notre civilisation.

     

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

     

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  • Mort de Clément Rosset

    Nous apprenons aujourd'hui la mort de Clément Rosset. Le philosophe s'est éteint ce mardi dans son appartement parisien à l'âge de 78 ans. Le SOCLE salue la mémoire de celui qui portait la révélation tragique, une des sources de notre tradition primordiale. Révélation tragique de l'existence qui va naturellement de paire avec l'autre pilier de la pensée de Clément Rosset, une philosophie de l'ici et du maintenant. Et ce rejet des arrières-mondes, des illusions morales et métaphysiques (exposé dans "Le réel et son double") nous renvoie directement à une vision héroïque, tragique de l'existence. Les deux sont indéfectiblement liés. Mais il ne faut pas confondre tragique et fatalité comme nos plus anciens textes (de l'Iliade aux Eddas) nous l'enseignent. L'Européen embrasse son Destin, l'assume, le fait sien. Il ne cherche pas de réconfort, de consolation morale pas plus qu'il n'échangera un combat perdu d'avance pour une vie de servitude. Et c'est ce qui fonde sa joie.
    Nous avons eu l'occasion de croiser Clément Rosset il y a un an de cela dans une brasserie parisienne connue pour son choix de bières. Le Destin a voulu que nous soyons en train de discuter de "La philosophie tragique", livre du philosophe que nous avions en main lorsque nous l'avons aperçu quelques tables derrières nous. S'ensuivirent plusieurs heures de discussions sur la vie du philosophe, mai 68, le tragique de l'existence, le rôle de la morale dans l'édification des civilisations et les mérites de l'irish coffee. Évènement à la limite de l'absurde tant les chances de le croiser en ayant son livre à la main étaient infinitésimales mais évènement mémorable qui illustrait à merveille une des premières leçons du philosophe: ce n'est pas le sens qui fonde la beauté de l'existence.

     

    «Soit l'ami du présent qui passe, le futur et le passé te seront donnés par surcroît»
    Clément Rosset

  • Colloque ILIADE le samedi 7 avril

  • Livre du Coeur d'amour épris, de René d'Anjou

    La courtoisie est un art de vivre européen caractéristique du Moyen Age. Sans doute lui est-il antérieur, les récentes études sur les troubadours occitans de l'Antiquité semblent montrer combien le fin'amor, comme on disait autrefois, plonge ses racines dans notre histoire la plus profonde. Toujours est-il que c'est entre le XIIe et le XVIe siècle que la courtoisie s'affirme comme la règle de vie du noble européen. Courage dans la guerre et douceur dans l'amour. Durant le Bas Moyen Age, les romans chevaleresques véhiculent la courtoisie et en codifient les règles. L'homme courtois se montre fidèle et loyal envers sa mie, qu'il aime, protège et comble. Il se montre obéissant envers son seigneur et son destin, ne craint point la mort et préfère mil fois son honneur à sa vie. Il ne bat point son épouse, se montre large et généreux envers elle et lui écrit poèmes et lettres douces. Il se bat pour augmenter l'estime qu'elle lui porte, au tournoi comme à la guerre, qu'il y meure ou y survive. Le Livre du Cœur d'amour épris, écrit au milieu du XVe siècle par le Bon Roi René, est un grand classique de la littérature courtoise en même temps qu'un étrange roman onirique, comme le Moyen Age savait en produire, citons Les Visions du chevalier Tondal du Getty. Les ouvrages du Roi René correspondent à l'âge d'or de la civilisation européenne médiévale : poésie courtoise et codification du tournoi, architecture gothique flamboyante et peinture flamande à l'huile, enluminures minutieuses et art de vivre chevaleresque. A la lecture de cet ouvrage, c'est tout cet univers de conte de fées qui se révèle à nous.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

     

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  • Chenonceau

    Depuis cinq siècles, le château de Chenonceau reflète le silence de sa mélodie de pierre dans les eaux bleues du Cher. Le donjon carré de la rive droite en donne les premières notes, aiguës et vives, par son architecture gothique. La symphonie se poursuit sur un rythme plus lent et binaire, dans l'impeccable dessin classique de la galerie sur l'eau. Construit à l'instant où les architectes français adaptaient l'art italien à la manière de bâtir locale, le château de Chenonceau est comme la métamorphose pétrifiée de l'art français au XVIe siècle. Bien plus, c'est tout l'art français du XIIIe siècle au Second Empire qui se déroule sous nos yeux au cours de la visite, incontournable pour tout amoureux de l'art européen.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

     

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