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Tradition païenne - Page 2

  • L'Europe, une civilisation politique ?

  • Groix, le havre au milieu des vents

    Dans un « Samouraï d’Occident », Dominique Venner nous recommande de régulièrement aller en forêt pour y méditer, s’y ressourcer. Revenir dans les forêts de nos origines, c’est y suivre les pas de nos plus lointains ancêtres. Nos forêts ont beau s’être déplacées depuis, les gestes, les pensées restent les mêmes lorsque l’on s’y oublie peu à peu dans le silence de l’hiver ou les chants de l’été. C’est notre part contemporaine que l’on y oublie. Notre part intemporelle, notre héritage, c’est-à-dire la manière si particulière que nous avons de percevoir notre monde et héritée de dizaines de milliers d’années de présence sous les cieux d’Europe, peut alors ressurgir le temps d’une balade, d’une randonnée, d’un bivouac. Ce recours aux forêts que Venner et Jünger nous pressent de faire nôtre n’est pas un exercice de relaxation ou une simple méditation. C’est un cheminement sacré, une voie que l’Européen se doit d’emprunter autant que faire se peut. Seul ou avec les siens, on y recherche ce murmure des temps anciens, ce chant des cycles que peuvent nous offrir les saisons et notre mémoire. Nos pieds foulent une terre grasse puis gelée, notre regard se perd dans les cathédrales de hêtres et les ombres des chênes, et les piliers de feu qui annoncent le long sommeil de l’hiver. Lorsque nous parcourons les bois, nous savons que notre existence, bien loin de se limiter à ce cycle que constitue notre propre vie, s’inscrit dans les cycles plus grands de la nature et de l’hérédité. A l’approche du solstice d’hiver, cette même hérédité me pousse vers le nord et le couchant, vers les eaux noires de l’Atlantique et l’invincible granit. L’île sur laquelle renaît le soleil porte le nom de Groix.

     

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  • La vision dionysiaque du monde

    « L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau » est une des plus fameuses prophéties de Nietzsche. Mais peu savent que pour le philosophe de la grande santé, le monde hellénique se fit lui aussi au bord de la tombe. La confrontation d'Apollon et de Dionysos faillit plonger la Grèce dans l'abîme. Mais ce fut le génie grec que d'associer les deux Dieux et les visions antagonistes de l'existence qu'ils portaient. Et, bien loin de sombrer, c'est par ce dépassement des antagonismes, par cette harmonie des contraires que le monde hellénique fit montre de la plus extraordinaire des vitalités, accord sublime entre force de la volonté et tragique du devenir. A l'heure où l'Europe menace de s'écrouler sous le poids de ses contradictions, Nietzsche nous conjure de méditer l'exemple grec. Non seulement une nouvelle Renaissance est toujours possible, mais en plus est-elle prête à advenir. A nous Européens d'assumer l'ensemble de notre héritage et des composantes fondant notre civilisation.

     

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

     

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  • Mort de Clément Rosset

    Nous apprenons aujourd'hui la mort de Clément Rosset. Le philosophe s'est éteint ce mardi dans son appartement parisien à l'âge de 78 ans. Le SOCLE salue la mémoire de celui qui portait la révélation tragique, une des sources de notre tradition primordiale. Révélation tragique de l'existence qui va naturellement de paire avec l'autre pilier de la pensée de Clément Rosset, une philosophie de l'ici et du maintenant. Et ce rejet des arrières-mondes, des illusions morales et métaphysiques (exposé dans "Le réel et son double") nous renvoie directement à une vision héroïque, tragique de l'existence. Les deux sont indéfectiblement liés. Mais il ne faut pas confondre tragique et fatalité comme nos plus anciens textes (de l'Iliade aux Eddas) nous l'enseignent. L'Européen embrasse son Destin, l'assume, le fait sien. Il ne cherche pas de réconfort, de consolation morale pas plus qu'il n'échangera un combat perdu d'avance pour une vie de servitude. Et c'est ce qui fonde sa joie.
    Nous avons eu l'occasion de croiser Clément Rosset il y a un an de cela dans une brasserie parisienne connue pour son choix de bières. Le Destin a voulu que nous soyons en train de discuter de "La philosophie tragique", livre du philosophe que nous avions en main lorsque nous l'avons aperçu quelques tables derrières nous. S'ensuivirent plusieurs heures de discussions sur la vie du philosophe, mai 68, le tragique de l'existence, le rôle de la morale dans l'édification des civilisations et les mérites de l'irish coffee. Évènement à la limite de l'absurde tant les chances de le croiser en ayant son livre à la main étaient infinitésimales mais évènement mémorable qui illustrait à merveille une des premières leçons du philosophe: ce n'est pas le sens qui fonde la beauté de l'existence.

     

    «Soit l'ami du présent qui passe, le futur et le passé te seront donnés par surcroît»
    Clément Rosset

  • Colloque ILIADE le samedi 7 avril