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Tradition païenne - Page 2

  • Mort de Clément Rosset

    Nous apprenons aujourd'hui la mort de Clément Rosset. Le philosophe s'est éteint ce mardi dans son appartement parisien à l'âge de 78 ans. Le SOCLE salue la mémoire de celui qui portait la révélation tragique, une des sources de notre tradition primordiale. Révélation tragique de l'existence qui va naturellement de paire avec l'autre pilier de la pensée de Clément Rosset, une philosophie de l'ici et du maintenant. Et ce rejet des arrières-mondes, des illusions morales et métaphysiques (exposé dans "Le réel et son double") nous renvoie directement à une vision héroïque, tragique de l'existence. Les deux sont indéfectiblement liés. Mais il ne faut pas confondre tragique et fatalité comme nos plus anciens textes (de l'Iliade aux Eddas) nous l'enseignent. L'Européen embrasse son Destin, l'assume, le fait sien. Il ne cherche pas de réconfort, de consolation morale pas plus qu'il n'échangera un combat perdu d'avance pour une vie de servitude. Et c'est ce qui fonde sa joie.
    Nous avons eu l'occasion de croiser Clément Rosset il y a un an de cela dans une brasserie parisienne connue pour son choix de bières. Le Destin a voulu que nous soyons en train de discuter de "La philosophie tragique", livre du philosophe que nous avions en main lorsque nous l'avons aperçu quelques tables derrières nous. S'ensuivirent plusieurs heures de discussions sur la vie du philosophe, mai 68, le tragique de l'existence, le rôle de la morale dans l'édification des civilisations et les mérites de l'irish coffee. Évènement à la limite de l'absurde tant les chances de le croiser en ayant son livre à la main étaient infinitésimales mais évènement mémorable qui illustrait à merveille une des premières leçons du philosophe: ce n'est pas le sens qui fonde la beauté de l'existence.

     

    «Soit l'ami du présent qui passe, le futur et le passé te seront donnés par surcroît»
    Clément Rosset

  • Colloque ILIADE le samedi 7 avril

  • Livre du Coeur d'amour épris, de René d'Anjou

    La courtoisie est un art de vivre européen caractéristique du Moyen Age. Sans doute lui est-il antérieur, les récentes études sur les troubadours occitans de l'Antiquité semblent montrer combien le fin'amor, comme on disait autrefois, plonge ses racines dans notre histoire la plus profonde. Toujours est-il que c'est entre le XIIe et le XVIe siècle que la courtoisie s'affirme comme la règle de vie du noble européen. Courage dans la guerre et douceur dans l'amour. Durant le Bas Moyen Age, les romans chevaleresques véhiculent la courtoisie et en codifient les règles. L'homme courtois se montre fidèle et loyal envers sa mie, qu'il aime, protège et comble. Il se montre obéissant envers son seigneur et son destin, ne craint point la mort et préfère mil fois son honneur à sa vie. Il ne bat point son épouse, se montre large et généreux envers elle et lui écrit poèmes et lettres douces. Il se bat pour augmenter l'estime qu'elle lui porte, au tournoi comme à la guerre, qu'il y meure ou y survive. Le Livre du Cœur d'amour épris, écrit au milieu du XVe siècle par le Bon Roi René, est un grand classique de la littérature courtoise en même temps qu'un étrange roman onirique, comme le Moyen Age savait en produire, citons Les Visions du chevalier Tondal du Getty. Les ouvrages du Roi René correspondent à l'âge d'or de la civilisation européenne médiévale : poésie courtoise et codification du tournoi, architecture gothique flamboyante et peinture flamande à l'huile, enluminures minutieuses et art de vivre chevaleresque. A la lecture de cet ouvrage, c'est tout cet univers de conte de fées qui se révèle à nous.

     

    Gaspard Valènt, pour le SOCLE

     

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  • La Philosophie Tragique, de Clément Rosset

    Qu'est-ce que le Tragique ? Qu'est-ce que l'homme tragique ? Que sont liberté et volonté ? Si nous acceptons le tragique de l'existence, ne nous réfugions-nous donc pas dans le fatalisme ?

    Quiconque connaît un tant soit peu notre longue histoire européenne et se réfère à notre longue mémoire sait que c'est précisément la prise en compte de ce tragique qui fonde la vitalité de nos peuples européens. Et que ceux qui font leur au plus haut degré ce tragique méritent le nom d'aristocrate.

    Clément Rosset nous ouvre avec La philosophie tragique la voie permettant la redécouverte du Tragique. Joie et adversité, Providence et nécessité, le Tragique résiste à toute interprétation, n'offre aucune consolation face à l'irrémédiable. Mais il est le plus beau cadeau fait aux hommes pour peu qu'ils s'en montrent dignes. École difficile faîte de grandeur et d'humilité face à la Providence, l'école du Tragique est une porte donnant sur notre Tradition, sur la métaphysique de l'Absolu de nos ancêtres. Elle est un remède face à l'obsession du bonheur empoisonnant nos contemporains. Lui opposant victorieusement la Joie, la philosophie tragique nous offre de cheminer aux côtés de Dionysos, en aristocrate célébrant la vie dans l'adversité et la reconnaissance.  

     

     

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

     

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  • Les Religions de l’Europe du Nord, de Régis Boyer

    « L’homme noble honore en lui-même le puissant, celui, également, qui fait preuve de puissance à l’égard de lui-même, qui s’entend à parler et à garder le silence, qui prend plaisir à exercer rigueur et dureté envers lui-même et a du respect pour tout ce qui est rigoureux et dur. « C’est un cœur dur que Wotan a placé dans ma poitrine », lit-on dans une vieille saga scandinave : voilà la juste expression poétique trouvée par l’âme d’un viking orgueilleux. »

    Nietzsche, "Par-delà bien et mal"

     
     

    « Les Grecs ne voyaient pas les dieux homériques au-dessus d’eux comme des maîtres, et eux-mêmes au-dessous des dieux comme des valets, ainsi que les Juifs. Ils ne voyaient en eux que le mirage des exemplaires les plus réussis de leur propre caste, partant un idéal, et non le contraire de leur propre être. On se sent parents les uns des autres, il se forme un intérêt réciproque, une espèce de symmachie. L’homme prend une noble idée de soi quand il se donne de pareils dieux, et se place dans une relation semblable à celle de la petite noblesse à la grande (...) »

    Nietzsche, "Humain, trop humain"

     

     

    Gwendal Crom, pour le SOCLE

    La critique positive de Les religions de l'Europe du Nord au format .pdf

     

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