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L'Archéofuturisme, de Guillaume Faye

Écrit en 1998, l’Archéofuturisme de Guillaume Faye est un livre à la dimension prophétique, analysant les menaces pesant sur le monde actuel et leur inévitable aggravation et convergence (convergence des catastrophes). Au-delà des analyses présentes dans cette ouvrage et qui se révéleront justes, Guillaume Faye fourni également un ensemble de mesures à mêmes de relever le monde après sa nécessaire chute qui surviendra pendant le XXIe siècle. Cette réponse, qui prend la forme d’une synthèse dialectique entre considérations traditionnelles et vision prométhéenne du monde s’appelle l’archéofuturisme.


Par Gwendal Crom, pour le SOCLE

 

 

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  Guillaume est une figure incontournable de la Nouvelle-Droite. Il fait partie des quatre figures, des quatre piliers intellectuels, tout du moins les plus connus, de cette école de pensée avec Dominique Venner, Alain de Benoist et Robert Steuckers. Nous lui devons entre autres ouvrages : L’Occident comme déclin, Europe et modernité, La Colonisation de l'Europe : discours vrai sur l'immigration et l'Islam ainsi que Pourquoi nous combattons : manifeste de la résistance européenne).
Structure de l’œuvre : L’Archéofuturisme peut être découpé ainsi.  Les quatre-vingt premières pages consistent en un état des lieux du monde puis en l’exposition du concept d’archéofuturisme pour répondre à l’effondrement généralisé qui ne manquera pas d’arriver durant les prochaines décennies selon l’auteur. Les quatre-vingt pages suivantes sont consacrées à l’analyse de tendances précises de nos sociétés moderne (que ce soient des faits de société précis ou de la morale sous-jacente les sous-tendant) et aux propos iconoclastes de l’auteur sur ces sujets. Viennent ensuite une trentaine de pages sur la nécessaire mise en place d’une économie à deux vitesses dans chaque grand bloc civilisationnel pour que la planète ne soit plus vidée de ses ressources, permettant ainsi à l’humanité de ne pas provoquer sa propre extinction. Bloc civilisationnel européen qui y sera évoqué plus en détail. Vient ensuite une nouvelle illustrative résumant la vision du monde archéofuturiste de Guillaume Faye.

 

En ouverture du premier chapitre, et venant du monde de la Nouvelle-Droite, Guillaume Faye a tenu à analyser son échec relatif (tout du moins à l’époque où il écrivait ce bouquin). En effet, comment expliquer que des institutions comme le G.R.E.C.E. aient pu arriver si haut, ouvrir tant de portes dans le monde intellectuel et politique, et sombrer dans un isolement et tel silence par la suite. Ceux qui connaissent un peu l’histoire de cette école de pensée savent qu’une véritable cabbale se mit en place contre elle dans les années 80. Néanmoins, Guillaume Faye refuse de laisser le prestige d’une quelconque victoire à ses adversaires et tient ici à se livrer à un diagnostic des erreurs commises par la Nouvelle-Droite.

Pour Guillaume Faye, la Nouvelle-Droite (et son premier avatar, le GRECE) n’a tout simplement pas su s’adapter. Il recense ainsi nombre de travers qui plombèrent ses ambitions : une tendance lourde à l’intellectualisme et son corollaire : l’enfermement dans un ghetto. Il note également une sous-estimation du politique (dérivant d’un gramcisme mal interprété selon Faye), un antichristianisme anachronique et contreproductif, un passéisme confinant au folklorisme, des positions tiers-mondistes incompréhensibles pour des Européens en mal d’identité et de puissance, un anti-américanisme obtus et enfin une volonté affichée de normalisation enlevant toute portée révolutionnaire ou tout du moins radicale au message que l’école se voulait porter. Pour Guillaume Faye, la Nouvelle-Droite formulait cependant beaucoup de bonnes idées (en particulier la mise en avant du paradigme européen) mais présentait un décalage flagrant avec le réel. Guillaume Faye insiste sur ce point, il faut savoir composer avec la réalité de notre monde et de notre époque. Il faut savoir connaître cette dernière et voir quels sont les leviers d’action qui nous sont possibles. A titre d’exemple, il fallait admettre que le monde universitaire, le monde des idées allaient perdre énormément de terrain avec les années 80 au profit du monde médiatique, que celui-ci serait confisqué par la gauche et que ce serait par rapport à cette réalité-là qu’il faudrait construire une réplique adaptée. Ainsi pour Guillaume Faye, la Nouvelle-Droite à subit sa mise à l’écart par refus de sortir des paradigmes des années précédentes définissant qui avait la parole ou non dans la sphère publique et qui étaient jusqu’alors fondés sur la supériorité dialectique et la position dans le monde universitaire. Ainsi conclut-il son analyse de celle qui peut encore renouer selon lui avec le succès qu’elle mérite :

« A mon sens, La Nouvelle droite a vu décroître son influence par la construction d’axes idéologiques ambigus et difficilement lisibles. Trop para-universitaires, trop sophistiqués, trop fascinés par des problématiques para-gauchistes, irénistes, utopiques, harmonicistes. Il ne faut pas hésiter à rompre avec le système, à formuler tranquillement une pensée radicale et révolutionnaire. Se méfier des fausses sagesses et des faux amis, des fausses reconnaissances, des faux succès et surtout des fausses bonnes idées. Les idées fallacieuses ont l’élégance séduisante de la décadence, mais certes pas « la modeste et simple âpreté de la vérité » (Nietzsche). Une pensée victorieuse ne peut réussir que si elle se pose à contre-courant d’un ordre déjà en déclin. […] La Nouvelle droite, ou ceux qui lui succèderont dans la palette idéologique européenne, ne réussiront qu’avec la vertu du courage. S’ils savent théoriser sans dogme, avec l’art du débat, une pensée radicale et incorrecte. Mais aussi en adoptant des formes contemporaines d’expression et de communication. La Nouvelle droite n’a pas été « victime du système » ou de la « censure », mais d’elle-même. Rien n’est perdu pour qui sait se reprendre ».

 

Le premier chapitre se clôt sur une exposition des principales idées qui seront développées tout du long de l’ouvrage:

  • Faire sien un constructivisme vitaliste
  • Développer une vision archéofuturiste
  • L’agonie prochaine des Etats-nation européens et la révolution européenne qui en découlera
  • La convergence mondiale des catastrophes
  • L’antagonisme Nord / Sud qui structurera les prochaines décennies
  • La nécessité de resituer les USA comme adversaires et non comme ennemis dans un nouveau monde multipolaire
  • Se préparer aux révolutions techno-scientifiques qui s’annoncent : transhumanisme et intelligence artificiel. Guillaume Faye ne propose pas de tout rejeter en bloc. Loin de là.
  • La question de l’immigration qui sera centrale dans les prochaines décennies également.
  • La mise en place d’une humanité à deux vitesses
  • Le besoin de raisonner en termes de grands bloc autarciques (Eurosibérie par exemple).

 

Quelques points sont nécessaires d’aborder avant de définir l’archéofuturisme

Tout d’abord, et c’est un point important, Faye souligne la profonde nécessité de faire sienne une pensée radicale pour provoquer un réel changement. En effet, pour l’auteur, le système mondial actuel n’est pas réformable.

 

Le diagnostic posé par Guillaume Faye est sans appel. Le monde est entrée dans une phase précédant un effondrement généralisé consécutif à une convergence des catastrophes). Guillaume Faye énumère sept lignes de catastrophes :

  • Une cancérisation du tissu social européen
  • Une crise économico-démographique
  • Le chaos dans lequel vont plonger nombre de pays du sud du fait, entre autres, d’une paupérisation générale cohabitant avec des populations extrêmement fortunées
  • Une crise financière mondiale
  • La montée des fanatismes religieux et notamment musulmans
  • Un affrontement Nord/Sud alimenté par un ressentiment tenace de la part des populations du Sud
  • Une pollution incontrôlée de la planète

 

Guillaume Faye, Archéofuturisme, Europe, Convergence des catastrophes, Nouvelle Droite

 

Pour Guillaume Faye, le monde tel qu’il fonctionne actuellement ne pourra plus tenir bien longtemps. Dans le courant du XXIe siècle, il s’effondrera. Il faudra donc refonder le monde d’après. Mais sur quelles bases ? Sur quelles conceptions ?

Selon l’auteur, il faut d’abord se défier de certaines conceptions et du poids de certains mots avant de réfléchir au monde que l’on souhaitera voir advenir. Si ce monde est appelé à s’effondrer et que l’on souhaite en bâtir un nouveau, il faut accepter le qualificatif de révolutionnaire. La première erreur à éviter est de vouloir absolument préserver ce monde sous prétexte que toute pensée révolutionnaire serait inéluctablement de gauche. Rien de plus faux pour Guillaume Faye. Révolutionnaire ne veut pas dire de gauche. Ce qui est de gauche veut faire table de tout passé, ce qui n’est pas le cas de Faye. C’est la dernière séquence historique, civilisationnelle qui s’est révélé un échec. S’il ne faut pas se fermer sur les causes profondes qui menèrent à l’effondrement en gestation que nous vivons actuellement, il ne s’agit pas de renier l’intégralité de notre passé, de ce qui nous fonde en tant qu’Européens, de notre Tradition. En ce qui nous concerne, Guillaume Faye ne propose pas de faire table rase du passé mais bien de revenir à une vision archaïque du monde.

Il ne doit pas s’agir non plus d’un mouvement de réaction, d’un retour en arrière vers un âge d’or perdu. Si nos anciens mondes sont révolus, c’est qu’ils devaient céder leur place. Se remettre dans les mêmes dispositions c’est se condamner à échouer de nouveau, chose que les monarchistes croyant qu’un roi constitue une réponse universelle ou aux souverainistes obtus croyant que la vénération de de Gaulle provoquerait la venue de nouvelles Trente Glorieuses. Encore une fois, il s’agit ici de ne point faire preuve de dogmatisme, de s’astreindre à un réajustement permanent des mesures politiques, économiques, financières, etc. à adopter au gré des changements qui parcourent notre monde. Cela ne veut pas dire adopter les travers de l’époque mais seulement faire avec ce que l’on a entre les mains et voir quels sont les enjeux comme dit plus haut.

Ainsi, pour affronter le monde qui vient, la première disposition dans laquelle se placer selon Guillaume Faye est celle d’un constructivisme vitaliste (P57) : « Le terme de constructivisme vitaliste définit globalement une conception du monde et une visée concrète synergique associant deux structures mentales. Du côté du constructivisme, on lit : volonté historico-politique de puissance, projet esthétique de construction de civilisation, esprit faustien. Du côté du vitalisme, on lit : réalisme, mentalité organique et non pas mécaniste, respect de la vie et auto-discipline envers une éthique autonome, humanité (l’inverse de l’humanitarisme), prise en compte des questions bio-anthropologiques, dont les réalités ethniques ».

A partir de ce cadre, on peut enfin définir ce qu’est l’archéofuturisme qui donne son titre à cet ouvrage.

Comme il fut dit en introduction de cette critique positive, l’archéofuturisme est la synthèse dialectique de l’archaïsme et du futurisme. Définissons donc ces deux termes.

L’archaïsme, c’est une vision fondamentale, vitale de soi, de la société et des enjeux auxquels nous sommes confrontés. Elle a pour but la survie des individus et de la société, son renforcement, sa stabilité, son harmonie. L’archaïsme structura toutes les sociétés, des origines à jusqu’à très récemment pour le monde occidental. Il ne s’efface qu’avec la société moderne qui pour la première fois de sa longue existence ne fait plus face à des enjeux et des dangers vitaux pour sa survie. De fait, l’archaïsme de nos sociétés traditionnelles est remplacé par le modernisme dont l’attention, en l’absence de véritables enjeux, se focalise à présent sur des sujets et des problématiques particulièrement secondaires : mariage des homosexuels. Si notre société renouait avec cette archaïsme, elle percevrait immédiatement et nommerait les véritables menaces pesant sur notre civilisation (P66) : le défi religieux de l’Islam ; les batailles géopolitiques et océano-politiques pour les ressources rares, agricoles, pétrolières, halieutiques ; le conflit Nord-sud et l’immigration de colonisation vers l’hémisphère Nord ; la pollution de la planète et le heurt physique entre les souhaits de l’idéologie du développement et la réalité ».

Notons ici le que l’immigration, lorsque vue à travers des yeux archaïques, apparaît pour ce qu’elle dans ses conséquences : une colonisation. Seuls des esprits modernes sont tentés de vouloir la définir au travers de prismes économiques, sociaux, culturels. Ces considérations peuvent être valides, elles n’en sont pas moins secondaires et un leurre si l’on en écarte la caractéristique principale : c’est une colonisation dans les faits.

Le futurisme quant à lui, permet d’« architecturer l’avenir », de « penser la civilisation ». C’est ainsi ne pas rejeter la science et les défis technologiques qui vont s’imposer à nous. Ce dernier terme est important. Si nous ne pouvons rejeter d’un revers de la main des innovations techniques sans en payer le prix en termes de souveraineté et de puissance, alors il faudra composer avec ces innovations technologiques, ne serait-ce que pour les contrôler au mieux. L’Européen est un porteur de civilisation. Il ne peut faire l’impasse dans ce domaine mais ce doit d’ajuster sa vision prométhéenne, faustienne à un cadre, un projet vitaliste, archaïque. Le but de la science, de la technique, de la civilisation doit être une plus grande harmonie et une plus grande stabilité de la communauté. La solution ne peut être un rejet de la technique mais une profonde réflexion permettant de sortir de l’arraisonnement du monde pour reprendre le terme d’Heidegger, chose que permettrait une vision archaïque du monde (importance du sacré, de la notion d’enracinement, du sens).

 

L’archéofuturisme est une donc synthèse de ces deux visions. Il n’y a ainsi pas d’opposition entre tradition et progrès scientifique ou plutôt archaïsme et mouvement scientifique. Le but de cette synthèse est l’ordre, l’harmonie, la puissance. Soit ce qui permet de perdurer, dans notre esprit comme dans notre chair, assurant notre souveraineté et notre bien aussi longtemps que le Destin nous le permettra.

 

Pour conclure sur la notion d’archéofuturisme, voici quelques applications concrètes d’une vision archéofuturiste du monde :

  • Permet de voir l’immigration et les immigrés pour ce qu’ils sont. Les occupants d’une terre qui n’est pas la leur, qu’importent les qualités de chacun (archaïsme)
  • Préférence ethnique plutôt que nationale (archaïsme).
  • Permet de répondre à la crise des Etats-nations européens. Face au monde multipolaire où s’affronteront les grands blocs civilisationnels, seule une fédération européenne avec un véritable gouvernement européen pourra peser. (archaïsme pour la perception des enjeux, futurisme par la réponse apportée)
  • Redéfinition anthropologique globale. Permettrait de sortir des chimères existentialistes (on est ce que l’on désire) qui ne sont que des caprices mortifères de petits-bourgeois. Revenir ainsi à l’essentiel. Qu’est-ce qu’un homme, qu’est-ce qu’une femme ? Qu’est-ce qu’une famille ? Mais également sortir du mythe de la réussite pour tous. Idée selon laquelle tout le monde pourrait devenir médecin ou diplomate, riche et célèbre s’il s’en donne les moyens. Idée qui nous empêche de sortir de la course à la croissance et nous enferme dans le piège de l’égalité absolue, menace aux conséquences mondiales à terme pour une planète comptant des milliards d’êtres humains.

 

Ce ne sont là que quelques exemples. Ce qu’il faut retenir, c’est que cette mentalité archéofuturiste sera nécessaire pour répondre aux défis qui nous attendent. Laissons Guillaume Faye conclure sur le sujet et exposer ce qu’est l’éthique archaïque qui la porte :

«  Une certaine dureté, une franchise tranchante, le goût de l’orgueil et de l’honneur, le bon sens, le pragmatisme, la claire distinction de l’étranger, le rejet de toute organisation sociale non sélective, une éthique qui légitime quand il le faut la force, qui ne recule pas, par un humanitarisme dogmatique, devant les audaces de la techno-science, l’intégration des vertus guerrières, des principes d’urgence et d’affrontement inéluctable, une conception de la justice qui estime que les devoirs fondent les droits et non l’inverse, l’acceptation naturelle d’une organisation inégalitaire et plurielle du monde(même sur le plan économique), l’aspiration à la puissance collective, l’idéal communautaire, telles sont quelques-unes des vertus du mental archaïque. Elles seront indispensables dans le monde de demain dominé par des enjeux d’une extrême âpreté ».

 

 

Pour le SOCLE

 

  • Le monde tel qu’il fonctionne actuellement ne peut que s’effondrer. Quand bien même il réussirait à désamorcer tous les conflits (sociaux, économiques, religieux, ethniques) qui s’annoncent, il ne pourra jamais subvenir aux besoins de milliards d’êtres humains ayant un niveau de vie élevé comme celui des Occidentaux actuels

 

  • De cet effondrement, des blocs continentaux surgiront et assureront un nouvel équilibre des puissances d’un monde redevenu multipolaire. Les Européens se relèveront en fondant l’Europe puissance en gestation depuis des siècles et seule à même d’assurer leur pérennité.

 

  • Au sein de ces blocs, une petite élite dirigeante continuera de vivre avec un accès aux hautes technologies. Elle assurera le développement techno-scientifique de la Cité. Le reste de la population devra adopter un mode de vie rural, néo-médiéval. C’est le prix à payer pour ne provoquer l’extinction de l’espèce humaine.

 

  • Pour survivre, les Européens devront adopter une vision du monde archéofuturiste, soit l’alliance de considérations traditionnelles, sacrées et de moyens prométhéens, techno-scientifiques. L’horizon ainsi promis: l’harmonie et la puissance.

Commentaires

  • Le sujet est bien d'actualité et bien développé; merci, je ne connaissais pas cet ouvrage

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