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Le Rig Veda : hymnes sacrés indo-aryens

   Les hymnes sacrés du Rig Veda constituent une source inestimable de notre plus longue mémoire. Ce recueil, dont le nom signifie « Savoir des Hymnes », compilé il y a environ 3200 ans mais comprenant des fragments plus anciens, est rédigé en sanskrit archaïque (l'ancêtre commun des parlers actuels d'Inde du nord, encore assez peu différencié des langues européennes).

Si c'est une œuvre exotique au sens géographique du terme, elle précède d'au moins cinq siècles l'Iliade d'Homère ou la Théogonie d'Hésiode, les plus vieux textes européens parvenus jusqu'à nous. C'est donc un témoignage précieux sur les sociétés héroïques de l'Âge du Bronze, remarquablement homogènes des confins de l'Himalaya aux rivages de l'Atlantique. De cette époque fondatrice, celle de la fameuse Guerre de Troie, proviennent non seulement la plupart des langues européennes, mais aussi les mythologies qui forment la base de notre imaginaire, et surtout la structure sociale tripartite qui a perduré en France jusqu'à la fin du XVIIIe siècle : clergé, noblesse, et Tiers‑État.

Quelle que soit sa nationalité ou sa religion, tout Européen enraciné trouvera dans le Rig Veda un reflet de son héritage le plus ancien, et donc la certitude qu'il est possible de continuer à lui faire traverser les millénaires.

 

Par Hans Abgrall, pour le SOCLE

La critique positive du Rig-Véda au format .pdf

 

 

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   Les hymnes du Rig Veda ont été composés pour être psalmodiés lors des rites traditionnels des peuples indo‑aryens du IIe millénaire av. J.‑C. S'il existe des incantations pour célébrer le lever du soleil, son zénith, et son coucher, ainsi que pour marquer le passage des différents âges de la vie (naissance, entrée dans l'âge adulte, mariage, funérailles, …), ce sont avant tout les sacrifices saisonniers qui rythment la vie de la tribu en se répétant année après année. Cette conception cyclique du temps, incarnée par le Soleil, est représentée par le svastika qui symbolise l'ordre cosmique (Rta, même racine que le latin ritus). C'est un symbole très prisé des Âryas, les « nobles », c'est‑à‑dire ceux qui parlent la langue des Dieux et sacrifient selon la Tradition.

 

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Svastika

 

Le sacrifice saisonnier est commun à tous les peuples indo‑européens, et garde la même structure globale. Le groupe se dirige en procession musicale vers un lieu sacré, qui est bien délimité, orienté aux points cardinaux, et dédié à la divinité honorée. Là, après une purification de l'assemblée par l'eau divine, un feu est allumé près de l'autel, qui est une pierre surélevée ou une fosse dans le sol. Après un appel au silence, chaque mot pouvant influer sur le Cosmos, la divinité est invoquée et louée par des hymnes, puis on lui présente les offrandes : gâteaux, boissons, objets, animaux (les sacrifices humains, quand sont tolérés, restent exceptionnels). En remerciant la divinité pour ses bienfaits passés, on formule les demandes de la communauté. La victime est mise à mort lorsque c'est nécessaire, puis on dépose la part divine des offrandes dans le feu, dans l'eau, ou sur l'autel. La divinité est ensuite conviée à prendre part au banquet avec les mortels, qui profitent de l'occasion pour boire, manger, danser, chanter les exploits des ancêtres. C'est souvent l'unique moment où on consomme de la viande. Certaines fêtes comportent aussi des jeux rituels de force, de vitesse ou d'adresse.

 

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Généalogie des textes sacrés indo-européens

 

L'importance du sacrifice tient au fait qu'il est essentiel à la préservation de l'ordre cosmique. La société terrestre s'y présente en effet comme l'image de l'assemblée divine, c'est‑à‑dire divisée en trois parties. C'est la fameuse trifonctionnalité définie par Georges Dumézil, dont la description la plus explicite est peut‑être celle d'Adalbéron de Laon au XIe siècle : « ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent ». Les premiers connaissent les mythes et les rites qui les actualisent, ainsi que les hymnes qui rendent le sacrifice efficace. Les seconds gouvernent la société, la défendant contre les étrangers, comme les Dieux repoussent les démons. Les dernier assurent la subsistance de l'ensemble, fournissant les offrandes sacrifiées et partagées.

Cette tripartition, présente dans l'ensemble du monde indo‑européen, sera donc notre axe d'approche pour étudier les divinités les plus importantes du Rig Veda, ce qu'elles nous apprennent sur notre plus antique héritage, et ce qu'il faut en retenir pour faire vivre aujourd'hui notre Tradition.

 

Fonction

1ère (prier)

2e (combattre)

3e (travailler)

Couleur

Blanc

Rouge

Noir

Flamme

Feu céleste (Soleil)

Feu aérien (Foudre)

Feu terrestre (Foyer)

Divinités védiques

Mitra &Varuna

Indra et les Maruts

Les Ashvins (+ Agni)

Divinités scandinaves

Tyr & Odin

Thor

Freyr & Freyja

Divinités romaines

Jupiter

Mars

Quirinus

Société indienne

Brahmanes

Kshâtriyas

Vaishyas

Société gauloise

Druides

« Chevaliers » (equites)

(Reste du peuple)

Société féodale

Clergé

Noblesse

Tiers‑État

Tableau 1: La trifonctionnalité indo‑européenne

 

I) MitraVaruna : une métaphysique de l'Absolu

  La première fonction, celle de la prière, est incarnée dans les hymnes védiques par deux dieux, Mitra et Varuna, qui symbolisent une forme d'union des contraires. Leur relation est une expression de ce que Dominique Venner a nommé la « métaphysique de l'Absolu », fondement de notre Tradition européenne.

Mitra, dont le nom signifie « amitié » ou « contrat », est le dieu de la main ouverte, tendue en signe de salutation bienveillante par celui qui reconnaît son semblable. C'est un dieu céleste et lumineux, qui veille à la cohésion sociale du groupe. En tant que juriste, il connaît à la perfection la loi sacrée qui régit le cosmos, mais son rôle se limite à l'énoncer, non à l'appliquer. En tant que prêtre, il préside aux rites publics prescrits par la tradition, dont l'effet est de maintenir la bonne marche du monde, et non d'infléchir celle‑ci dans un but précis. C'est un dieu de l'Éthique, de ce qu'il faudrait faire et de ce qui est acceptable ou non pour y parvenir. Sa fonction est de faire connaître, en incarnant et diffusant ce savoir bienfaisant, les valeurs cardinales de la société aryenne, celles qui la structurent et l'orientent, vers lesquelles ses dirigeants doivent tendre.

Ses deux assistants complètent son portrait. Le premier est Âryaman, le dieu tutélaire des Âryas, qui préside aux rites de passage rythmant la vie de la communauté pour favoriser sa cohésion : naissance d'un enfant qui prolonge la lignée, entrée dans l'âge adulte qui augmente les effectifs du clan, mariage pour fonder un foyer, et dernier voyage pour rejoindre les ancêtres. Le second assistant est Bhâga (« fortune »), un dieu de la chance, qui préside surtout à la mise en commun du butin une fois la victoire remportée, butin qui doit selon la tradition être réparti au hasard entre les membres du clan vainqueur. C'est donc une figure positive, liée à la juste répartition des biens dans la société aryenne, mais n'intervenant qu'après la bataille.

Avec Mitra et ses assistants, nous sommes donc en présence d'une divinité bienveillante mais passive, qui ne maintient la cohésion du groupe social que si sa volonté s'accomplit, alors qu'il n'a précisément pas le pouvoir de garantir qu'il en soit ainsi.

 

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Varuna, détail d'une miniature du Rajasthan

 

  L'autre dieu incarnant la 1ère fonction est Varuna, qui est en bien des points le contraire de Mitra. C'est un dieu sinistre, souvent représenté avec une peau bleu sombre, et il a pour monture le makara, un dragon‑crocodile vivant dans les profondeurs aquatiques. Son principal attribut est le nœud coulant, qui lie ceux qui prêtent serment, et étrangle les parjures. En tant que juge, il énonce et veille à l'application des sentences pénales. En tant que sorcier, il connaît les rites secrets réservés aux initiés, dont l'effet est d'influer sur la marche du monde, en manipulant ses rouages cachés pour semer l'effroi et la désolation parmi les démons qui menacent l'ordre sacré du Cosmos. C'est un dieu de la Technique, dans ce qu'elle peut avoir de plus ambivalent : il sait de quelle manière s'y prendre pour réussir à atteindre n'importe quel but, que celui‑ci soit moral ou non, et quel que soit le prix à payer. Sa force est de pouvoir, en gardant caché ce savoir périlleux, imposer sa volonté à la matière et aux personnes, en modelant le réel à sa guise.

Son portrait est complété par celui de son assistant, Dâkshina, dont le nom signifie « habile ». Il est celui qui procède à la mise en œuvre des rites, y compris et surtout concernant la mise à mort de la victime sacrificielle. Comme tout bourreau, il est efficace pour exécuter les coupables, mais pourrait l'être tout autant pour exécuter les innocents.

Avec Varuna et son assistant, nous sommes donc en présence d'une divinité puissante mais dangereuse, qui n'est bénéfique que si son action est guidée par un système de valeur, alors qu'il est précisément dénué de toute morale.

On pourrait être tenté de tirer une conclusion bien pessimiste de ce duo incarnant, plus que tous les autres, la métaphysique des Âryas. Un dieu juste mais incapable d'agir, opposé à un dieu amoral qui est tout puissant : cela constitue un tableau plutôt désespérant. Si toutefois nous nous penchons plus en profondeur sur la relation qu'entretiennent Mitra et Varuna, nous pouvons constater que l'enseignement des hymnes védiques est tout autre. Ces deux dieux agissent de concert, travaillant main dans la main pour maintenir l'ordre du Cosmos. Le juge prononce son verdict en conformité avec le droit qu'énonce le juriste. Le sorcier pratique son art lorsque le rite du prêtre est insuffisant pour conjurer un péril immédiat. La Technique n'est pas en roue libre, mais est utilisée uniquement de manière conforme à l’Éthique, pour poursuivre les buts qu'elle fixe.

 

MITRA

VARUNA

Main tendue

Nœud coulant

Jour

Nuit

Juriste

Juge

Prêtre

Sorcier

Éthique

Technique

Tableau 2: Mitra‑Varuna, l'union des contraires

 

  Cette profonde cohésion est exprimée de deux manières. La première est un épithète de Sûrya, dieu du soleil, appelé « l'oeil de Mitra et de Varuna ». Cette métaphore solaire évoque la nature cyclique du temps dans les paganismes indo‑européens, signe de l'ordre cosmique : comme le jour succède à la nuit, l'été succède à l'hiver, les enfants aux parents, le renouveau à la décadence. Au sommeil de notre civilisation répondra donc invariablement une renaissance, dont les formes nouvelles exprimeront les mêmes vérités immuables. Le second indice de la proximité entre les deux dieux du sacerdoce est le fait qu'ils soient fréquemment invoqués ensemble, et parfois même considérés comme une seule entité, Mitravaruna, qui unit ces deux aspects.

Dans les mythes européens, ce schéma a survécu et pris de nouvelles formes. En Scandinavie, Odin sacrifie son œil pour acquérir des savoirs occultes, tandis que Tyr devient manchot en mettant sa main droite comme gage de l'honnêteté des Dieux. En Grèce, Zeus qui est garant du bon ordre du Cosmos décide d'avaler Mètis (« ruse ») afin de l'assimiler, pour la mettre au service de son projet ; et on retrouve aussi cette harmonie des contraires au sanctuaire de Delphes, où on honorait Apollon l'harmonieux pendant la saison claire, puis Dionysos l'orgiaque pendant la saison sombre, quand le soleil passait l'hiver en Hyperborée, au delà du cercle polaire.

Il est donc clair que la vision du monde indo‑européenne, fondement de notre Tradition, privilégie une métaphysique de l'Absolu, où chaque personne, au sein de cercles d'identités concentriques (foyer, clan, peuple, civilisation) participe au maintien d'un équilibre cosmique à la fois parfait et toujours dynamique. Nos sociétés modernes, à l'inverse, sont guidées par une métaphysique de l'Illimité, où l'Humanité doit être affranchie de toutes les appartenances (nationales, familiales, sexuelles) et cherche à obtenir toujours plus : toujours plus de plaisir, plus de liberté, plus de croissance économique, plus de technologie, et cela de plus en plus vite. Mitravaruna a été démembré, laissant la terrible magie du Progrès exaucer toutes les pulsions indistinctes, et condamnant le bienveillant juriste des Droits de l'Homme à énoncer dans le vide une morale devenue incantatoire, coupée de tout lien avec le réel.

Il nous faut aujourd'hui, remontant le fil de notre plus longue mémoire, nous souvenir de l'unité originelle de ces deux aspects, pour en réaliser une synthèse nouvelle, unissant le génie créateur occidental à la décence commune des vieux Européens. Est‑ce encore possible ? Sans aucun doute. Le Soleil, œil de Mitravaruna, nous enseigne que même à la plus noire des nuits succède une aube dorée. Le réveil de notre civilisation viendra, même si nul ne peut en prédire la date avec certitude, car la Tradition que nous défendons n'est pas le passé : c'est ce qui ne passe pas.

 

Hymne à Mitra‑Varuna (VII.61, 1‑6)

 

VARUNA ET MITRA, Ô DIEUX JUMELÉS,

VOTRE BELLE LUEUR SE DÉVERSE AU MATIN ;

ET TOUTE CRÉATURE EST GUETTÉE PAR VOTRE OEIL,

LE SOLEIL QUI OBSERVE ET MET À NU LES ÂMES.

 

LE SAGE RENOMMÉ QUI ENTONNE SES HYMNES

LES DIRIGE VERS VOUS, VARUNA ET MITRA.

C'EST VOUS QU'IL MET AU COEUR DE SA VÉNÉRATION,

POUR QUE VOUS RENFORCIEZ L'AUTOMNE DE SA VIE. [...]

 

VARUNA ET MITRA, J'HONORE VOTRE FORCE,

PUISSANCE QUI MAINTIENT ENSEMBLE TERRE ET CIEL.

CHAQUE MOIS DE L'IMPIE PASSE SANS NULLE GLOIRE,

CELUI QUI SACRIFIE PERPÉTUE SA LIGNÉE.

 

INFAILLIBLES GARDIENS, VOUS BANNISSEZ LES GENS

QUI NÉGLIGENT LE RITE ET BRISENT LES SERMENTS :

PUISSE LE DÉSHONNEUR PROMPTEMENT LES ATTEINDRE !

ON NE PEUT VOUS CACHER AUCUN SECRET HONTEUX.

 

QUE MON HOMMAGE EXALTE ET FORTIFIE CE RITE :

EN PRÊTRE, JE T'INVOQUE, Ô MITRA‑VARUNA !

QUE CET HYMNE NOUVEAU QUE JE T'AI COMPOSÉ

TE RENDE FAVORABLE À CEUX QUI CHANTERONT.

 

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Sanctuaire de Delphes (Grèce, IVe s. av. J-C)

 

 

II) Indra et les Maruts : la souveraineté guerrière

  La deuxième fonction, celle du combat, est incarnée dans les hymnes védiques par Indra, le Roi des Dieux, menant la horde des Maruts (divinités guerrières mineures). C'est la divinité à laquelle le plus grand nombre d'hymnes sont dédiés : plus d'un quart, là où Mitra, Varuna et Surya n'en ont pas un dixième pour eux trois. Cette importance du courage martial exprime parfaitement l'idéal aristocratique des Aryens. Leur dispersion et leur ascension, du statut de simples éleveurs semi‑nomades des steppes eurasiennes à celui d'une civilisation brillante s'étendant de l'Irlande à l'Himalaya, et dont les langues sont aujourd'hui parlées par la majorité de la population mondiale, peut en effet s'expliquer par la supériorité militaire que leur conférait leur structure sociale.

Le titre porté par Indra est celui de devarâja, Roi des Dieux. Ce terme, qu'on retrouve aussi dans les langues celtiques (gaulois rix, irlandais ri), romanes (latin rex), et germaniques (allemand Reich) est celui du chef suprême d'un groupe tribal, issu des rangs des guerriers mais légitimé par les représentants de la 1ère fonction. Le râja est celui au nom duquel chaque rite public est accompli, demandant aux Dieux de lui accorder sagesse, force, et prospérité, pour qu'il puisse accomplir son rôle : préserver l'ordre cosmique. La position d'Indra dans la hiérarchie divine est rendue encore plus explicite par le fait qu'il trône dans l'Himalaya, au sommet du mont Meru, qui est l'axe vertical reliant la Terre au Ciel. De même, à l'instar de la toge pourpre revêtue par les empereurs romains, il est décrit comme ayant la peau rouge dans la littérature hindoue plus tardive.

Lors du sacrifice proprement dit, sa fonction se limite à la consommation du soma, la boisson divine, qu'on peut rapprocher de l'hydromel d'inspiration des Scandinaves. C'est une substance enivrante, réputée être à l'origine de l'immortalité des Dieux, et qui permet aux mortels d'entrer dans un état de transe mystique. Sous l'emprise du soma, Indra, qui en est friand, est prompt à divers excès guerriers, dont il a ensuite à répondre auprès des sacerdotes de la 1ère fonction, qui lui imposent diverses pénitences pour expier sa faute.

La vision du monde contenue dans le Rig Veda ne présuppose donc ni l'indépendance du pouvoir temporel, ni sa subordination stricte au pouvoir spirituel. Le râja est autonome dans son rôle politique, et nul n'attend qu'il se limite exactement au cadre de la morale religieuse. S'il en franchit les bornes lors de situations d'urgence, il doit ensuite rendre des comptes une fois que tout est revenu à la normale, mais il est parfaitement admis qu'il n'a pas à être lié de manière rigide par le cadre des interdits moraux. La raison en est simple : les bonnes manières ne suffisent pas, à elles seules, à tenir à distance les barbares qui les méprisent. Très pragmatiquement, Indra et ses équivalents humains reconnaissent que « est souverain ce qui décide des situations exceptionnelles » (Carl Schmitt), et attribuent cette souveraineté au chef suprême des armées, non au prêtre.

 

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Indra (env. 1820-1830)

 

  Pour mener les Dieux à la victoire contre les démons venant perturber le rite du sacrifice, indispensable à l'ordre cosmique, Indra dispose d'une arme de choix : le vâjra. Il s'agit d'un sceptre de diamant, qui est en fait la foudre elle‑même (de la même manière que le dieu scandinave Thor porte Mjölnir, le marteau‑tonnerre). Dans la littérature médiévale, il monte aussi un éléphant, symbole de la force physique, tandis que les hymnes védiques le surnomment « le taureau impétueux ». Indra est donc bien un dieu guerrier, au contraire de Jupiter ou d'Odin qui sont des divinités de la 1ère fonction. Il faut l'imaginer comme un Mars qui aurait la foudre et le trône de l'Olympe, ou comme Thor qui aurait dérobé l'hydromel de poésie et siégerait dans le Valhalla. C'est d'ailleurs ce schéma qui a cours chez les Baltes et les Slaves, où Perkûnas et Perun dominent leurs panthéons respectifs. Chez eux, comme dans les hymnes védiques, le Dyaus Pitr (Zeus, Jupiter), le Père Céleste, est le géniteur des Dieux, mais ne joue qu'un rôle très effacé, que ce soit dans les récits mythiques ou dans les rites effectués par les mortels.

Le plus connu des affrontement entre Indra et les démons est le combat contre Vritra, dragon qui causait la sécheresse en tenant prisonnières les eaux célestes. Ce thème est également très présent en Europe (Zeus contre Typhon, Thor contre Jörmungandr), à tel point que de nombreux saints chrétiens sont aussi censés avoir terrassé un dragon ; certains y ont vu une métaphore de l'écrasement du paganisme, mais on constate qu'il en prouve en fait la survivance. Le crime de Vritra était double : d'une part, il défie Indra, d'où sa colère devant cette négation de la hiérarchie cosmique. D'autre part, il commet une faute non moins grave aux yeux des Aryens, celle de l'accumulation. Dans la mentalité héroïque, la prospérité et la prise de butin sont glorifiées, mais dans le simple but de procurer leur subsistance aux membres de la société. Tout surplus est redistribué, aux Dieux en offrandes et en sacrifices, aux mortels en cadeaux et en banquets.

 

  Avant de refermer cette présentation de la 2e fonction dans le Rig Veda, il convient aussi de s'intéresser aux Maruts, des divinités guerrières qui forment en quelque sorte la garde personnelle d'Indra. Leur nom est apparenté à celui du dieu Mars, qui est dieu de la guerre, mais aussi du printemps et de la jeunesse. Chez tous les peuples indo‑européens de l'époque héroïque, on ne devenait membre à part entière de la tribu qu'après avoir prouvé sa valeur, au sein d'une troupe de jeunes gens partant en expédition pour piller les alentours. De cette tradition dérivent l'éphébie athénienne (sorte de service militaire se déroulant aux frontières) et l'agogée spartiate (les futurs citoyens‑soldats devaient survivre à l'écart de la cité, en volant les paysans‑esclaves).

Dans le nord de l'Europe, ce sont les mythes qui en gardent la mémoire : la Chasse Sauvage accompagne Odin de maison en maison lors de la saison sombre ; tandis qu'en Irlande, les Fianna, une société initiatique de guerriers vivant à l'écart de leur famille, sont logés et nourris par le roi de leur choix pendant l'hiver. Dans les deux cas, on retrouve une pratique rituelle de l'hospitalité, où le refus de leur fournir le gîte et le couvert est un sacrilège puni de mort. Le concept antique de « propriété privée » n'était décidément pas le même que celui qui fut introduit dans la pensée européenne par l'idéologie libérale.

 

  Dans le Rig Veda, nous voyons donc que c'est bien de la 2e fonction que dépend l'exercice du pouvoir politique. Les gardiens de la science, de la morale, du droit, ne font que valider la position du roi comme premier parmi l'assemblée des nobles, le conseiller dans ses décisions, et veiller à ce que son pouvoir soit mis au service de valeurs spirituelles plutôt que d'intérêts personnels. Pour faire partie de cette aristocratie qui participe à la vie politique du groupe, il faut tout d'abord faire preuve d'un engagement fort. Autrefois, c'était sous la forme du service militaire, dont découlaient les droits civiques. Aujourd'hui, la jeunesse doit passer par une nouvelle forme de militantisme, pour démontrer sa fidélité à un héritage qu'elle sera appelée à transmettre. En tant que feu aérien, l'éclair apporte sur Terre le feu céleste du Soleil dans une décharge d'énergie ; de même, c'est par l'action des meneurs de demain que notre Tradition resurgira dans le présent.

La hiérarchie que suppose une conception aristocratique du monde est basée sur la bravoure et le sens du sacrifice, plutôt que sur le patrimoine financier (qui est essentiellement ce qui sépare les « classes sociales » actuelles). Si la nouvelle noblesse européenne devra recevoir les moyens de sa subsistance, elle n'en doit pas moins être empêchée d'accumuler des biens matériels pour en tirer profit. Son rôle est au contraire de veiller à ce que les richesses circulent et bénéficient à l'ensemble de la société, en fracassant les Dragons actuels, qui, pour reprendre un slogan moderne, sont les 1% de la population qui possèdent 99% des richesses (les élites ploutocratiques et mondialisées, qui passent de Londres à Tel Aviv en évitant aussi bien la Bretagne profonde que les Carpates).

 

Hymne à Indra (I.32, 1‑15)

 

JE CHANTE LE PREMIER DES HAUTS‑FAITS DU TONNANT,

LE TRÈS VIRIL INDRA, VÉRITABLE HÉROS :

IL TUA LE DRAGON, PUIS LIBÉRA LES EAUX ;

LA MONTAGNE, À NOUVEAU, FIT COULER SES TORRENTS. [...]

 

L'IMPÉTUEUX TAUREAU, S'EMPARANT DU SOMA,

DANS TROIS BOLS CONSACRÉS CONSOMMA LA LIQUEUR.

ATTRAPANT LE TONNERRE ET S'EN SERVANT COMME ARME,

C'EST L'AÎNÉ DES DRAGONS QUI FUT FRAPPÉ À MORT. [...]

 

PRÉSUMANT DE SA FORCE, IL DÉFIAIT INDRA ;

LE DIEU LE DÉMEMBRA, DE SON ARME CÉLESTE.

LE DRAGON S'ÉCROULA, CHUTANT DANS UN BRUIT SOURD,

COMME UN TRONC MIS À TERRE ET COUPÉ PAR LA HACHE. [...]

 

CUL‑DE‑JATTE ET MANCHOT, IL DÉFIAIT INDRA,

QUI D'UN NOUVEL ÉCLAIR LE FRAPPA SUR LE TORSE.

C'EST SA VIRILITÉ QUE VRITRA PROCLAMAIT,

SOUS SES MEMBRES TRANCHÉS IL FUT ÉMASCULÉ. [...]

 

INDRA EST ROI DE TOUT : VIVANT, INANIMÉ,

SAUVAGE, DOMESTIQUE. IL PORTE LE TONNERRE !

IL EST LE SOUVERAIN DE CHACUN DES MORTELS,

COMME UNE ROUE CONTIENT CHACUN DE SES RAYONS.

 

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 Charles Martel à la bataille de Poitiers en 732 ap. J-C (Steuben, 1837)

 

 

III) Les Ashvins et Agni : nourrir la flamme

  La troisième et dernière fonction, celle du travail, est principalement incarnée par les Ashvins, les jumeaux dresseurs de chevaux, et par Agni, le dieu du feu sacrificiel. Au total, plus d'un quart des hymnes sont dédiés à des divinités de la 3e fonction, avec une nette préséance d'Agni. Il s'agit d'un ensemble moins homogène que les deux fonctions précédentes, ce qui s'explique par la grande diversité des tâches nécessaires à l'entretien de la société dans son ensemble. Comme nous allons le voir, l'Occident moderne est essentiellement, du point de vue de la Tradition indo‑européenne, dominé par une 3e fonction dénaturée et hypertrophiée. Il est indispensable, pour que notre civilisation refleurisse, non seulement de la remettre à sa juste place, mais aussi et surtout de lui rendre son sens véritable.

 

Les Ashvins, dont le nom signifie « cavaliers », sont des jumeaux dresseurs de chevaux. La domestication du cheval et la maîtrise de la roue, autant dans le domaine du transport que de la guerre, fut en effet un des principaux facteurs matériels qui permit les grandes migrations indo‑européennes depuis les steppes eurasiennes. On peut leur accoler dans cette analyse les Ribhus, forgerons à l'origine de l'armement divin, qui sont des figures très similaires, incarnant quant à eux la métallurgie du bronze, qui fut le second grand facteur matériel expliquant la supériorité militaire des sociétés indo‑européennes archaïques sur leurs voisins. Soeur des Ashvins, la déesse de l'aube Usha est quant à elle une déesse de la beauté et de l'amour, et complète le tableau des divinités du travail (et des réjouissances qui le suivent).

 

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Les Ashvins, jumeaux cavaliers

 

Ces figures divines ont des équivalents dans les mythologies européennes : les Grecs honoraient Castor et Pollux comme jumeaux cavaliers (ainsi qu'Artémis et Apollon comme divinités jumelles), les Irlandais attribuaient un frère jumeau au dieu Lugh, tandis que, chez les Scandinaves, Freyr et Freyja qui président à la 3e fonction sont également des divinités jumelles. Comme pour le 2e fonction, l'équivalence la plus exacte se trouve toutefois chez les Baltes, dont les chants célèbrent les Ašvieniai. Quant aux forgerons, on connaît bien sûr Héphaïstos/Vulcain dans le monde méditerranéen, mais le forgeron Volundr/Weyland/Galand est aussi présent dans les mythes scandinaves/anglo‑saxons/francs, tandis que les Celtes comptaient dans leur panthéon un bien nommé « forgeron‑divin » (Gobanos en Gaule, Gofannon en Bretagne, Gobniu en Irlande). Pour finir, les Baltes louent la belle Aušriné de la même manière que Homère chantait Êôs aux doigts de rose, tandis que les Latins ont gardé Aurora dans leur panthéon archaïque, et qu'on dit que les Anglo‑saxons sacrifiaient à Eastre aux environs d'avril, d'où le nom de Pâques dans les langues germaniques (tous ces noms de déesses étant linguistiquement apparentés, de même que le mot breton archaïque désignant l'aube, gwere).

 

Peuples

Cavaliers (jumeaux)

Forgerons divins

Déesse-Aurore

Indo‑aryens

Ashvins

Ribhus

Usha

Baltes

Ašvieniai

-

Aušriné

Grecs / Latins

Dioscures + (Apollon & Artémis ?)

Héphaïstos / Vulcain

Êôs / Aurora

Germaniques

(Freyr & Freyja)

Volundr/Weyland/Galand

Eastre

Celtiques

(Lleu & Dylan ail Don ?)

Gobanos/Gofannon/Gobniu

-

Tableau 3: Divinités de 3e fonction chez divers peuples indo‑européens

 

  Ces divinités incarnent tout ce qui tourne autour de la productivité, de l'habilité manuelle, de la santé,  de la séduction, du plaisir, en bref de la production et de la reproduction. C'est grâce à elles que les deux premières fonctions sont nourries et équipées, et que des enfants naissent pour transmettre la Tradition du groupe à travers les âges. Leur activité génératrice, tant dans le sens matériel que sexuel, doit cependant être canalisée par les dieux des deux fonctions précédentes, par exemple lorsque les Ashvins tentent d'abord de séduire la jeune épouse d'un sage, mais rendent finalement sa jeunesse et sa beauté à celui-ci.

La nécessité de transmutation de la matière brute s'exprime par la place accordée à Agni, dieu du feu rituel, au sein du corpus d'hymnes du Rig Veda. En effet, c'est lui qui est au centre de la cérémonie du sacrifice, tant spatialement que conceptuellement. Sa présence est indispensable pour consumer les offrandes et leur permettre d'atteindre les Dieux célestes. Il est aussi un lien avec les Pères, dont la flamme du foyer est transmise de génération en génération. C'est enfin le symbole de l'hospitalité, obligation sacrée pour les Âryas, qui doivent d'être solidaires entre eux.

 

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Agni, dieu du feu sacrificiel

 

  Ses parallèles en Europe ne sont pas aussi nets que pour d'autres divinités védiques. Le dieu romain Janus, qui dispose aussi de deux têtes, ouvre et ferme les lieux et moments rituels ; et le scandinave Heimdall, ancêtre de la société tripartite et gardien du pont reliant le monde des humains (Midgard) et des dieux célestes (Asgard), est parfois associé au bélier, comme Agni. Des déesses du foyer semblent incarner une partie des fonctions d'Agni : Hestia chez les Grecs, Vesta chez les Romains, Gabija chez les Baltes et Brigid chez les Irlandais. Quoi qu'il en soit, le culte familial du feu du foyer a gardé une grande importance dans toutes les traditions religieuses indo‑européennes, tout comme le brasier rituel lors des grandes fêtes. Nos feux de la Saint‑Jean au solstice d'été, ainsi que la bûche de Noël qui se consume pendant la nuit du solstice d'hiver, en sont d'excellents exemples, de même que les cierges qui illuminent nos chapelles et nos cathédrales.

 

Peuples

Indo‑Aryens

Baltes

Grecs

Latins

Celtes

Germains

Dieu sacrificiel

AGNI

?

?

Janus ?

?

Heimdall ?

(Déesse du) feu domestique

(Gabija)

(Hestia)

(Vesta)

(Brigid)

?

Tableau 4: Divinités du sacrifice et du feu du foyer chez les peuples indo‑européens

 

  Le Rig Veda nous apprend donc qu'une civilisation ne perdure pas uniquement par le discours philosophique et le courage guerrier, mais aussi par la 3e fonction de production et de reproduction. Perpétuer notre Tradition ne se résume pas à contempler le feu céleste éternel qu'est le Soleil, ni même à le faire descendre par le feu aérien qu'est la Foudre. Il faut ensuite entretenir le feu terrestre du Foyer, pour en faire un point de ralliement efficace. Les Européens doivent absolument engendrer des familles, des associations, des entreprises, des syndicats, des médias. Ils doivent faire vivre ces structures, et tisser des liens de solidarité entre elles pour former une vraie communauté. Sans cela, sages et militants seront inaudibles et désarmés. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que la vie de famille, la camaraderie, l'activité économique, ne sont pas des fins mais des moyens. Les « rentiers de la dissidence » n'ont donc pas à être des chefs, mais des mécènes.

 

Hymne à Agni (I.44, 2‑9)

 

MESSAGERS BIEN‑AIMÉS APPORTANT LES OFFRANDES,

Ô ASHVINS, DIEUX JUMEAUX QUI CONDUISEZ L'AURORE

VERS NOTRE SACRIFICE, ACCORDEZ‑NOUS LA GLOIRE !

METTEZ DANS VOS CHARIOTS OPULENCE ET SANTÉ.

 

NOUS PRENONS AUJOURD'HUI POUR ÉMISSAIRE AGNI,

LE TRÈS BÉNÉVOLENT, LUI QU'AIMENT TANT DE GENS :

ÉTENDARD DE FUMÉE QUI RÉPAND LA LUMIÈRE,

JOYAU DU SACRIFICE OFFERT AU POINT DU JOUR.

 

VIGOUREUX ET ANCIEN, ON L'INVITE AVEC FASTE,

CAR IL EST CHER À CEUX DONT L'ÂME EST GÉNÉREUSE.

C'EST LE CÉLESTE AGNI QUE J'INVOQUE À L'AURORE ;

À TRAVERS LUI, LES DIEUX SONT AMENÉS VERS NOUS.

 

JE T'HONORE, Ô AGNI, TOI QUI JAMAIS NE MEURT.

VOICI LES METS SACRÉS : NOURRIS‑EN L'UNIVERS !

C'EST PAR TOI, EN EFFET, QUE VIT LE SACRIFICE,

ET QUE L'ORDRE DU MONDE EST AINSI PRÉSERVÉ. [...]

 

CAR TU ES, Ô AGNI, MAÎTRE DU SACRIFICE :

MESSAGER DES HUMAINS, ET GUIDE DES DIEUX,

QUI VIENNENT AU MATIN POUR BOIRE LE SOMA

EN CONTEMPLANT LE MONDE À L'HEURE OÙ TOUT S'ÉVEILLE.

 

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Fête populaire d'Ivana Kupala, oblast de Belgorod (Russie, 24 juin 2014)

 

 

Conclusion

  Quelle est la leçon à tirer des hymnes du Rig Veda ? C'est qu'il y a bien une essence profonde qui anime la totalité de notre civilisation européenne, de manière interrompue depuis des millénaires. Opposer la culture de la vigne et de l'olive à celle de la bière et du beurre, un « bloc de l'Ouest » à un « bloc de l'Est », l'Antiquité païenne au Moyen‑Âge chrétien, est un non‑sens. Si toutes ces facettes de l'Europe sont immensément diverses et précieuses, elles n'en restent pas moins profondément unies par une origine commune, remontant à la dispersion sur notre continent des éleveurs nomades de la steppe eurasienne, dont il est possible de constituer un portrait assez précis. Ayant la peau blanche et parfois les cheveux clairs, ils maîtrisaient l'élevage du cheval et la métallurgie du bronze. Les sages chantaient des hymnes en l'honneur des Dieux célestes, lors de rites quotidiens, annuels, et initiatiques, suivant les cycles du soleil et de la vie humaine. Éleveurs et artisans y apportaient comme offrandes le produit de leur labeur, pour alimenter le feu sacré et le banquet collectif, sous la supervision d'une noblesse guerrière assurant leur protection vis‑à‑vis des peuplades étrangères. Le roi, placé par les sages au sommet de la hiérarchie aristocratique, était le garant sur la Terre de l'ordre cosmique établi dans le Ciel.

            A peu de choses près, ce schéma s'applique aussi bien à l'Empire Russe en 1912 après J.‑C. qu'aux peuples gaulois en 53 avant J.‑C., au Royaume de France du XVIIIe siècle après J.‑C. qu'aux cités grecques du VIIe siècle avant J.‑C. Notre projet, en tant qu'Européens, n'est donc ni une utopie, ni un retour en arrière. C'est la continuation de notre héritage primordial, sous une forme nouvelle qui soit adaptée aux défis de notre temps. En Inde, la tradition védique est à présent revendiquée par un vaste mouvement populaire, qui vise à faire renaître un modèle de société s'opposant aussi bien au communautarisme musulman qu'aux idéologies matérialistes, à savoir le libéralisme et le marxisme qui est son faux remède. En Europe aussi, l'heure de l'aube approche, et si nous tendons l'oreille, nous entendrons ce murmure du fond des âges : prier, combattre, travailler.

 

 

            Pour le SOCLE :

 

  • Toutes les cultures européennes dérivent d'une source commune et multimillénaire, celle des civilisations héroïques de l'Âge du Bronze archaïque, basées sur une société tripartite : « ceux qui prient, ceux qui combattent, et ceux qui travaillent ».

 

  • Défendre cet idéal n'est ni un retour en arrière, ni une utopie, c'est faire renaître cet héritage ancestral sous une forme à la fois nouvelle et conforme à son essence, comme chaque jour est différent du précédent et pourtant semblable à celui‑ci.

 

  • Notre Tradition est entièrement sous‑tendue par une métaphysique de l'Absolu, qui cherche, dans des cercles concentriques (foyer, nation, civilisation) une harmonie parfaite dans un monde mouvant. Cela s'oppose à la métaphysique de l'Illimité, qui cherche à dissoudre toutes les appartenances (religion, nationalité, sexe), et préfère l'excès à la juste mesure.

 

  • Pour faire vivre nos valeurs, il faut qu'elles soient incarnées par une aristocratie dont la hiérarchie soit basée sur l'excellence et le dévouement, là où nos classes sociales actuelles sont fondées sur l'accumulation de capital financier pour en tirer un profit personnel.

 

  • Nous devons aussi engendrer, animer, et relier entre elles des familles, des associations et des entreprises, car aucune civilisation ne peut subsister sans support humain et matériel.

 

 

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