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Livre du Coeur d'amour épris, de René d'Anjou

La courtoisie est un art de vivre européen caractéristique du Moyen Age. Sans doute lui est-il antérieur, les récentes études sur les troubadours occitans de l'Antiquité semblent montrer combien le fin'amor, comme on disait autrefois, plonge ses racines dans notre histoire la plus profonde. Toujours est-il que c'est entre le XIIe et le XVIe siècle que la courtoisie s'affirme comme la règle de vie du noble européen. Courage dans la guerre et douceur dans l'amour. Durant le Bas Moyen Age, les romans chevaleresques véhiculent la courtoisie et en codifient les règles. L'homme courtois se montre fidèle et loyal envers sa mie, qu'il aime, protège et comble. Il se montre obéissant envers son seigneur et son destin, ne craint point la mort et préfère mil fois son honneur à sa vie. Il ne bat point son épouse, se montre large et généreux envers elle et lui écrit poèmes et lettres douces. Il se bat pour augmenter l'estime qu'elle lui porte, au tournoi comme à la guerre, qu'il y meure ou y survive. Le Livre du Cœur d'amour épris, écrit au milieu du XVe siècle par le Bon Roi René, est un grand classique de la littérature courtoise en même temps qu'un étrange roman onirique, comme le Moyen Age savait en produire, citons Les Visions du chevalier Tondal du Getty. Les ouvrages du Roi René correspondent à l'âge d'or de la civilisation européenne médiévale : poésie courtoise et codification du tournoi, architecture gothique flamboyante et peinture flamande à l'huile, enluminures minutieuses et art de vivre chevaleresque. A la lecture de cet ouvrage, c'est tout cet univers de conte de fées qui se révèle à nous.

 

Gaspard Valènt, pour le SOCLE

 

 

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René d'Anjou, autrement appelé le Bon Roi René, naît en 1409 le château d'Angers, où il sera élevé par sa mère Yolande d'Aragon, comtesse du Maine et de Provence et fille du roi d'Aragon.
 
Son père, Louis II d'Anjou, meurt quand il n'a que huit ans. Roi de Naples, duc d'Anjou et comte de Provence, Louis II est fils de Louis Ier d'Anjou, roi de Naples et duc d'Anjou. René fut nommé d'après le saint patron de la ville d'Angers et des sabotiers. Pris sous l'aile du cardinal de Bar à Paris, il y reçut une excellente éducation et fut reconnu comme héritier du duché de Bar. C'est auprès de cet ecclésiaste qu'il fit ses premières armes en combattant, à l'âge de dix ans et à ses côtés, les bandes de pillards qui ravageaient la France. On pense qu'il étudia la peinture auprès d'Hubert et Jan van Eyck, père de l'école flamande. A l'âge de treize ans, il épousa la princesse Isabelle, héritière du duché lorrain.

 

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Leur premier enfant, Jean, naît alors qu'Isabelle a treize ans et René seize. Preux chevalier, René prit parti pour le roi Charles VII à l'âge de vingt ans, et l'aida à retrouver son trône de France aux côtés de Jeanne d'Arc. A la tête de quatre mil hommes, il libéra Châlons, assiégée par le double d'Anglais. Agé de vingt-deux ans, il dut se battre contre le comte de Vaudremont qui contestait sa couronne de Lorraine. Fait prisonnier, il fut libéré par son cousin Phillipe le Bon, duc de Bourgogne et allié du comte de Vaudremont. Pour se réconcilier, René et le comte de Vaudremont durent effectuer ensemble un pèlerinage à l'abbaye de Bouxières-aux-Dames. L'ancien ennemi de René le raccompagnant même jusqu'à Nancy, où René fut acclamé par un peuple auquel il avait conservé toutes les libertés coutumières. Mais le jeune duc de Bar ne pouvait rester libre que s'il remplissait les termes d'un contrat fort exigeant. La Lorraine, duché indépendant, était unie au Saint-Empire romain germanique par des liens féodaux, et seul Sigismond pouvait rendre une décision sans appel. Après avoir écouté en sa cour de Bâle les arguments du comte de Vaudremont et du duc de Bar, le vieil empereur romain désigna René comme duc de Lorraine. Le jeune prince rentra immédiatement sur ses terres organiser un immense tournoi à Pont-à-Mousson, où les plus illustres chevaliers et les bons bourgeois de Metz se défièrent à la course de bagues (1) et à la joute. Mais au terme de l'année écoulée, un héraut du duc de Bourgogne vint à Nancy afficher sur les portes du palais ducal l'article du traité rappelant à René qu'il devait venir reprendre ses fers à Dijon, ce qu'il fit sans hésiter, fidèle à sa parole. Il y dévora les ouvrages de la librairie du palais ducal, où il fit élever une chapelle en l'honneur de saint René. Il hérita du comté provençal et du duché angevin en 1434, à la mort de son frère. L'année suivante, deux chevaliers provençaux - le baron de Montclar et Vidal de Cabanis - pénétrèrent dans sa prison et s'inclinèrent devant le seigneur prisonnier pour lui annoncer que la reine Jeanne II de Naples lui avait légué son royaume de Sicile avant de s'éteindre. La vieille dame avait en effet fort apprécié de passer ses derniers jours en compagnie de son frère Louis III d'Anjou, et décidé d'en faire son légataire, mais sa mort avait dévié l'héritage sur son frère, le prisonnier René. Les seigneurs de Sicile et de Naples se rendirent à Dijon prêter allégeance à leur roi aux fers. Alphonse V d'Aragon profita de cette situation pour tenter d'envahir le royaume, mais il fut défait par les flottes génoise et lombarde. La coque de son navire fut percée par un intrépide plongeur et la chute du grand mât le blessa dangereusement. Vaincu, il remit son épée au gouverneur de Chio. René héritait enfin de tous les titres de son père, mais restait prisonnier jusqu'en février 1437, où le duc consentit à le libérer, la condition en était une importante rançon ou le retour du roi en prison le lendemain de Noël. René profita de sa liberté pour combattre Alphonse d'Aragon, dont les prétentions sur Naples n'avaient pas cessé. Le Bon Roi René fut fort acclamé en Provence, où il jouit encore d'une excellente réputation auprès des Provençaux de souche. Il effectua humblement le pèlerinage à la Sainte-Baume, où la Madeleine avait passé sa dernière vie.


Alors que le chevalier René d'Anjou, comte de Provence, de Forcalquier et de Piémont et duc d'Anjou, de Lorraine et de Bar, s'éveille en son château de Tarascon, au beau milieu du XVe siècle, il prend sa plume et transcrit le malheureux songe qu'il vient d'avoir. C'est l'ouvrage que nous lisons. Il s'agit d'un récit allégorique de la quête amoureuse, dont les noms des personnages sont eux-mêmes allégoriques. La première édition fut enluminée par le Flamand Barthélémy d'Eyck, d'où proviennent nos illustrations.
Un jour que le roi était alité, souffrant du mal d'amour, il lui sembla qu'Amour et Désir, les Eros et Pothos de la religion grecque, venaient dans sa chambre et que le premier donnait son cœur au second.
 

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Désir annonce alors au roi que dame Douce-Merci est retenue prisonnière, et qu'il doit l'aller libérer. Cœur apparaît comme un personnage à part entière, sorte de dédoublement du roi malade. Nous devons par là comprendre que le désir guide le cœur dans sa quête de bonheur. Désir arme Coeur d'un branc d'acier (2), d'un heaume inscrit d'amoureuses pensées, d'un escu (3) d'espérance à trois fleurs de "n'oubliez-moi" et lui donne un palefroi haut et fort dressé pour le combat, nommé Franc-Vouloir. Ainsi, guidé par le désir, le cœur part vers son bonheur librement choisir sa belle. Aussitôt, Cœur part au galop vers sa plaisante et blonde, et de tous biens la plus parfaite au monde. Après avoir parcouru monts et vallées, Coeur et son page Désir parviennent à l'orée d'une forêt où se trouve un riche pavillon, précédé d'une colonne de jaspe sur laquelle est écrit une exhortation à la constance amoureuse. Alors que tous deux méditent sur le texte, une belle dame noblement vêtue sort du pavillon pour saisir la bride de Franc-Vouloir. Coeur d'amour descend de son palefroi et lui demande son nom. C'est Espérance, qui lui prodigue d'encourageants conseils pour la suite de ses aventures. Les deux compagnons parviennent à un ermitage où une naine laide et bossue refuse de les accueillir malgré la nuit et l'orage approchant.
 

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C'est Jalousie qui leur désigne d'étroits et ténébreux sentiers s'enfonçant dans la forêt de Longue-Attente, au lieu de la route menant au manoir de Bon-Repos. Perdus, Cœur d'amour et Désir s'arrêtent sous la pluie au bord d'une fontaine et s'endorment sous un arbre, trempés et éreintés. Cet épisode nous apprend que la jalousie détourne du bonheur amoureux. Un cauchemar abrège le sommeil de Cœur, le soleil s'est levé et le ciel est bleu. Les deux hommes reprennent leur route en riant de la dure nuit qu'ils viennent de passer. Les voilà devant une triste maison au toit de roseaux, c'est la demeure de Mélancolie, toute absorbée de douloureuses pensées.

 

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Elle partage avec eux un pain noir et sec, et les conduit au pont Périlleux, passant sur le fleuve de Larmes. L'entrée en est gardée par un chevalier à cheval et armure noirs portant écu semé de trois fleurs de souci.

 

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Un furieux combat s'engage entre le chevalier noir et Cœur, qui finit désarçonné et précipité dans un torrent. Dame Espérance, qui suivait avec un valet et une dame de compagnie le chemin des deux compagnons, parvient à la maison de Jalousie, qu'elle trouve vide. Elle y découvre un beau damoiseau prisonnier qu'elle libère. Il s'agit de Bel-Accueil, fidèle serviteur d'Amour, qui les remercie et les salue avant de s'en aller. Dame Espérance arrive juste à temps pour tirer le chevalier Cœur de l'eau. Il faut ici comprendre que le cœur cherchant l'amour peut parfois se laisser terrasser par le découragement, mais qu'il ne faut jamais perdre espoir.

 

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Celui-ci revient à l'endroit du combat pour le poursuivre, mais le chevalier noir s'en est retourné dans son château du Tertre dénué de liesse, dont les sombres créneaux dépassent à l'horizon. La dame réconforte nos deux compagnons par de douces paroles, leur prédisant les nombreux périls les attendant avant de parvenir à l'île d'Amour, où demeure la très Douce-Merci. Puis elle s'évanouit à leurs yeux comme une ombre légère. Cœur et Désir gravissent une aride montagne et s'endorment au pied d'un château en ruine. La herse en est levée et nul chevalier n'en garde la porte, sur laquelle est écrit :


"Cette montagne est appelée
De tous ceux de cette vallée,
Le tertre devée de liesse.
Maîtresse en est dame Tristesse ;
Et de ce chastel est seigneur
Courroux, qui à mains fait douleur...
Or y entre qui veut la guerre."


Cœur entra hardiment et saisit une épée suspendue à la voûte, car la sienne avait été cassée lors du combat au pont Périlleux. Paresse avait ce jour-là garde du château, mais ne s'était point réveillée à temps.

 

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En apercevant, échevelée, les deux hommes entrer dans la cour, elle poussa un cri terrible, faisant descendre le seigneur Courroux de son donjon, tout armé, au cimier en forme de dragon et portant trois chardons et une branche d'épine noire sur son escu. Les deux chevaliers montés se font face et s'élancent l'un vers l'autre. Les chevaux roulent au sol dans la poussière sous la violence du choc, les deux seigneurs se relèvent et se battent à pieds, comme les guerriers d'Homère. Leurs coups sont si forts que toute la cour du château est étincelante.

 

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Finalement, Courroux est vaincu, se rend et demande la vie. Dame Tristesse s'élance aux pieds de Coeur pour l'implorer d'épargner Courroux, ce à quoi il consent à condition que son rival promette de ne plus jamais faire de mal au dieu d'Amour, à sa suite et à ceux qui s'en réclament. Incité par un regard de sa mie, Courroux accepte et invite Coeur et Désir en son château. Après le souper, ils visitent le sinistre et froid château en compagnie de dame Tristesse. Soudain, le plancher cède sous les pas de Coeur, qui tombe d'une hauteur de deux lances dans un cachot. Le lecteur comprend ici qu'il ne faut pas avoir de pitié pour la colère, ennemie bu bonheur amoureux. Désir s'enfuit chercher de l'aide et erre toute la nuit jusqu'au petit matin où, dans une clairière semée de fleurs, il découvre de nombreux pavillons et tentes. C'est la vaillante troupe d'Humble-Requête, qui avait mandé à Honneur et à ses chevaliers de délivrer Douce-Merci du félon Mallebouche, qui la retient prisonnière avec ses hommes, les Médisants. Désir embrasse Humble-Requête, qu'il a autrefois vu à la cour du dieu Amour, et va trouver Honneur sous sa tente, qui tient conseil au milieu de ses barons. Il lui demande de venir en aide à Cœur.

 

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 "Foi que je dois au dieu d'Amours,
"Désir, Cœur aura secours,"


lui répond Honneur. Puis, se tournant vers Renom, un de ses plus valeureux capitaines, il lui demande d'aller secourir Cœur avec ses chevaliers. L'armée se met en route sous la guide de Désir en chantant : "Nous avons trop séjourné, allons, allons !" Chacun se veut digne d'Hector, de Lancelot ou de Roland. Pendant ce temps, se croyant abandonné de tous, Cœur se laisse aller aux larmes, appelant vainement le sommeil, ce réconfort des malheureux. A heure de tierce, soit neuf heures du matin, dame Tristesse envoie un messager vers dame Mélancolie, sa parente, lui mandant du pain de Dure-Peine et de l'eau du fleuve de Larmes pour son prisonnier, elle lui en confie également la garde. L'eau est noire et le pain a goût de fiel. Cœur n'en prend qu'à peine et parvient à trouver le sommeil en repensant à dame Espérance. Il rêve alors que de nombreux oiseaux volent vers lui en chantant et qu'ils percent une brèche dans la tour. A ce moment, Renom et ses chevaliers prennent le château aux cris de "Ville gagnée!" tandis que Courroux, Tristesse, Mélancolie et leur cour s'enfuient par une poterne (4). En se retrouvant, Cœur et Désir tombent dans les bras l'un de l'autre, puis Désir lui présente Loisir et Déduit (5), deux jeunes chevaliers impatients de gagner leurs éperons, qui se sont montrés fort braves durant l'assaut (6). Ils rasent le château et reviennent au campement d'Honneur, devant lequel Cœur et Renom s'agenouillent. Honneur les relève et les invite à un grand banquet où ils font bonne chère et boivent quantité de bon vin. Puis Honneur presse Cœur et Désir de rester auprès de lui faire la guerre aux Médisants. Mais Cœur refuse, préférant délivrer Douce-Merci seul. Honneur le recommande alors à Dieu, proposant de lui offrir or et argent, et même hommes de sa gent. Seul le chevalier Largesse est désigné par Cœur pour l'accompagner, sur les conseils de Désir. La présence de Largesse auprès de Cœur indique qu'il convient d'être généreux si l'on désire prendre un cœur. Quant à Honneur, il fait batailles sur batailles contre les Médisants pour s'approcher au plus près de leur camp, jusqu'à ce que seule la rivière Plaisir ne les sépare. A ce moment, Mallebouche prend la fuite après avoir ravagé le pays, et envoyé des messagers auprès de Refus et Danger, geôliers de Douce-Merci, pour les prévenir de l'entreprise du chevalier Cœur d'Amour. Si Refus et Danger tiennent la belle prisonnière, c'est qu'en effet, seuls le refus de cette dernière et le hasard malheureux de la vie peuvent empêcher un cour déterminé d'obtenir celle qu'il désire. Cœur, Désir et Largesse traversent une immense lande déserte sans rien pour reposer l’œil, sinon un grand pin sous lequel ils passent la nuit. C'est la plaine de Pensée Ennuyeuse, habitée seulement de Grief Soupir, un vieillard maigre et pâle établi là pour y gémir et y pleurer à son aise. Ils rencontrent aussi une petite chapelle à côté de laquelle vit un ermite qui accepte généreusement de les héberger, en les prévenant qu'il loge déjà dame Espérance, arrivée la veille, et qu'il connait depuis l'enfance.

 

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Désir et Cœur d'Amour sont enchantés de se savoir sous le même toit que leur maîtresse, et la soirée se déroule dans l'allégresse. Le lendemain, après avoir dévotement écouté la messe en sa compagnie, ils la voient disparaître comme la dernière fois. Largesse propose de nombreuses pièces d'or à l'ermite, qui les refuse évidemment. Le chevalier les dépose alors dans le tronc de l'église pour l'amour de Dieu. Cet épisode nous enseigne que les périodes dépourvues d'amour sont propices au recueillement religieux, qui permet de conserver l'espoir. La troupe parvient en bord de mer, où deux jeunes filles dorment près d'une nacelle. C'est Fiance et Attente, dont Espérance a parlé. Les dames s'éveillent et acceptent de les conduire à l'île d'Amours. A la tombée de la nuit, la navire amarre dans une petite anse où Attente et Fiance retrouvent deux belles amies, Compagnie et Amitié, occupées à pêcher, avec lesquelles ils partagent les poissons.

 

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La compagnie repart le lendemain matin et arrive à l'île d'Amours, si belle de ses blanches maisons, ses campagnes fleuries, son château et de son église accrochée à un roc de diamant, aux murs de jaspe et de marbre et son toit d'argent émaillé d'étoiles d'azur. Un antique monastère se trouve à côté de l'église. C'est l'hôpital où les malheureux viennent se faire guérir de leurs cruelles blessures et terminer leur vie. C'est en ce bâtiment que la troupe vient demander l'hospitalité. Reconnaissant la voix de Désir, une vieille nonne répondant au nom de Courtoisie leur ouvre la porte et les laisse entrer, les conduisant auprès de Pitié, la prieuse. Cœur d'Amour, Désir, Largesse, Fiance, Attente, Courtoisie et Pitié dînent ensemble, buvant du bon vin et devisant gaiement.

 

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Socle du tombeau de Philippe le Hardi, réalisé de 1381 à 1407 par Jean de Marville, Claus Sluter et Claus de Werve pour la chartreuse de Champmol.

 

Le lendemain matin, Cœur demande à Courtoisie de leur faire visiter le cimetière. Ils arrivent devant un grand portail d'albâtre de la voûte duquel pendent les blasons des plus célèbres amoureux. On y trouve ceux de Jules César, d'Auguste, de Néron, de Marc-Antoine, de David, de Thésée, d'Enée, d'Achille, d'Hercule, de Pâris, du prince troyen Troïlos, du roi d'Argos Diomède, de Démophonte, des chevaliers de la Table ronde Lancelot du Lac, Tristan et Arthur, du noble galicien Ponthus, héros du roman chevaleresque et courtois paru au tournant du XIVe Ponthus et la belle Sidonie, de Saint Louis, du duc d'Orléans, du duc Jean de Berry, de Louis Ier de Bourbon, de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, de Charles V le Sage, roi de France, de Gaston Phoebus, "ce miroir accompli de toute chevalerie", comte de Foix, vicomte de Béarn, viguier d'Andorre et poète gascon du XIVe, viennent ensuite les contemporains du Roi René ayant participé à la guerre de Cent Ans, Charles Ier de Bourbon, duc de Bourbon et d'Auvergne, le dauphin Louis, futur roi de France Louis XI, Charles IV d'Anjou, comte du Maine et de Guise, le Roi René lui-même, de Louis de Luxembourg, de Louis Ier de Beauvau, seigneur de Beauvau, de Sermaise, de La Roche-sur-Yon et de Chateaurenard, sénéchal d'Anjou, grand sénéchal de Provence et ami intime du Roi René, et de "l'intrépide" Pierre de Brézé, grand sénéchal d'Anjou, de Poitou et de Normandie.

 

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Tombeau de Charles Ier de Bourbon et d'Agnès de Bourgogne en la prieuriale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Souvigny, vers 1460.

 

 

Ils passent dans un autre cimetière au centre duquel six tombes se démarquent par leur flamboyance. Il s'agit de celles du poète Ovide, qui fit L'Art d'aimer, du poète champenois Guillaume de Marchault, "le gentil rimeur" qui écrivit Les Dits de la fontaine amoureuse, de la fleur de lys, de la marguerite et de la rose ainsi que des rondeaux, ballades et lais d'amour durant la première moitié du XIVe, de Jean de Meung, auteur de la suite du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris, du "grand Pétrarque", amoureux de la belle Laure à Fontaine-de-Vaucluse, et enfin du "bien disant en rime et en prose" Alain Chartier, décédé depuis moins de trente ans et auteur, notamment, du Débat des deux fortunés d'amour, du Débat du bien et du mal d'amours, du Livre des quatre dames, du Débat de réveille matin de deux amoureux et de son chef-d’œuvre La Belle Dame sans mercy. Cœur se signe et recommande leur âme à Dieu. On retrouve ici tous les grands héros médiévaux, treize sont chevaliers du Bas Moyen Age, huit sont issus de la mythologie grecque, quatre de l'histoire romaine, quatre de la matière de Bretagne et un seul de la Bible. Pour comprendre l'univers mental médiéval, il est important de savoir qu'il n'existe alors nulle différence entre le Moyen Age et l'Antiquité, cette séparation chronologique étant imaginée par les érudits florentins au moment de l'ouvrage que nous commentons. Elle ne sera popularisée qu'à partir de la seconde moitié du XVIIe. Le chevalier est le digne successeur de l'aristocrate romain et du noble germain, cette double paternité se trouvant notamment illustrée dans l'appellation de Saint-Empire romain germanique. Depuis l'Empire carolingien jusqu'au Premier Empire napoléonien, en passant par le duché de Bourgogne et, bien sûr, le Saint-Empire, les grands souverains européens n'ont eu de cesse de tenter la renaissance de l'Empire romain d'Occident.

Cœur passe ensuite dans un cimetière "où gisent çà et là les ossements infects des félons en amour". Livrés aux rapaces, ils subissent la peine de leur trahison. Courtoisie conduit alors Cœur auprès de Pitié, déjà levée, prête à entendre un service célébré en l'honneur de l'âme de deux amoureux allemands, que la cruelle Jalousie avait mis à mort. Pitié fait ensuite jurer Cœur de loyalement servir Amour, avant de lui proposer de l'emmener en son château de Plaisance. Là, Cœur devra humblement demander au seigneur de récupérer Douce-Merci. Il lui faudra ensuite marcher jusqu'au manoir de Rébellion, où Danger et Refus tiennent la pucelle Douce-Merci emprisonnée. Cœur et son compagnon Largesse devront livrer durs combats contre les Médisants. Pitié lui recommande alors de prendre le chevalier Promesse, de la cour du dieu Amour, avec eux, puis s'en va au manoir de Rébellion. Elle passe devant Danger, qui fait sentinelle et l'insulte, et pénètre dans la geôle de Douce-Merci où se tiennent réunis Honte, Crainte, Jalousie et deux Médisants, espions de Mallebouche. Ces personnages allégoriques représentent les sentiments nous empêchant d'accéder à la femme désirée. Pitié annonce à Douce-Merci qu'un beau chevalier du nom de Cœur est en route pour la délivrer, ce qui la fait rougir et sourire. Cœur et ses compagnons se rendent au château d'Amour, sur son rocher de cristal. Il est décrit comme ressemblant à celui de Saumur, mais de moitié plus large, et aux parois de cristal et tours de rubis.

 

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Le château de Saumur au temps du Roi René, figuré sur la miniature de septembre, illustrant les vendanges, des Très Riches Heures du duc de Berry, peinte dans la décennie 1440, probablement par Barthélémy d'Eyck.

 

 

Des tuiles d'or émaillées "aux cœurs volages" recouvrent l'antique donjon. Au-dessus du portique d'entrée, deux statues d'ambre incrustées d'or tiennent en main un miroir de diamant. C'est l'allégorie de la Portraiture, habilement sculptée par les femmes artistes Imagination et Fantaisie, qui avaient également donné le plan du château. Au Moyen Age, de nombreuses femmes étaient artistes, il est d'ailleurs connu que Catherine Briçonnet fut la maîtresse d’œuvre et la conceptrice du fort carré du château de Chenonceau.

 

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Partie du château de Chenonceau que l'on pense dessinée par Catherine Briçonnet

 

 

Bel-Accueil vient à leur rencontre, tenant un épervier blanc sur le poing. Désir le salue chaudement et le prie de convaincre le dieu d'Amours de les recevoir. Revenant de sa mission, Bel-Accueil les introduit dans le palais, où ils croisèrent une jeune femme occupée à baigner un faucon dans une fontaine de cristal. C'est dame Oisive, qui les salue et se joint à eux en leur souhaitant la bienvenue. Ils arrivent devant le dieu et posent genou à terre. Désir expose la requête de Cœur d'Amour et le dieu demande qu'un conseil se tienne. Il convie ensuite ses invités dans une salle aux murs tendus de tapisseries d'Arras (7) où les attend un fabuleux festin. Un jeune homme annonce l'entrée de dame Pitié, puis viennent les barons Honneur, Bon Renom, Vaillance, Humble Requête, et d'autres encore. La déesse Vénus arrive la dernière. Chacun parle librement tandis qu'Amour recueille les avis, commençant par celui de sa mère Vénus. Tous sont d'avis qu'il faut combattre, et Amour salue leur vaillance, mais impose qu'on ne tue point Danger et Refus car, quoique rebelles, ils n'en demeurent pas moins ses vassaux. Tous les chevaliers présents veulent être de la partie, mais Cœur ne choisit que Bel-Accueil, Promesse et Humble Requête. Il commande une messe pour le lendemain matin et part se coucher. A l'aube, dame Pitié, qui avait ses entrées au manoir de Rébellion, retourne en ce lieu en compagnie du chevalier Humble Requête, et demande à Douce-Merci si elle désire transmettre un message à Cœur. Les joues de la pucelle deviennent vermeilles comme un rosier fleuri. Les preux chevaliers Cœur, Désir, Largesse, Bel Accueil et Promesse marchent gaiement vers leurs ennemis, il leur tarde d'en venir aux mains. Danger attend Cœur à l'entrée du manoir, armé d'un bassinet (8) rouillé et d'une massue noueuse. Le visage enflammé de mauvais vin et de fureur, il est hideux et contrefait. Cœur lui demande de céder le passage, ce qu'il refuse, mais Largesse retient l'épée de Cœur et lance deux bourses remplies de deniers d'or à la face de Danger, qui tombe étourdi, avant de ramasser la monnaie et de laisser passer les chevaliers. Cœur parvient à la chambre de Douce Merci. Elle s'entretient alors avec Pitié. Suit une description de la belle jeune dame : vêtue de pourpre, couleur de la passion, elle a les cheveux blonds et porte un diadème de pierreries.

 

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Détail du Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton, 1453, conservé à Villeneuve-lès-Avignon. Ce visage de la Vierge illustre le canon de beauté européen au XVe siècle

 

Cœur lui tint alors ce langage :

 

"Madame, je ne vous sais dire

Le très grand mal et le martyre,

La grief peine et le tourment

Que j'ai pour vous incessament.

Car tant me suis à vous soumis

Que jusqu'à la mort suis remis,

Pour la votre très grande beauté,

Que servir veux en loyauté..."

 

Douce Merci lui répond que ces paroles semblent prouver la pureté de son amour, et qu'elle le retiendrait volontiers à condition qu'il promette de la servir loyalement et de ne jamais la trahir. Cœur tombe aux genoux de la douce et lui jure fidélité. Mais à ce moment, Danger, Refus, Honte, Crainte et les Médisants pénètrent dans la salle et donnent mil coups à Cœur, qui ne doit la vie qu'à son armure. Il dégaine son épée de Tolède, tranche le bras de Danger et fait à Refus une vilaine blessure. Ses compagnons se jettent dans la mêlée.

 

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Epée du XV ou du XVIe fabriquée à Tolède.

 

Pâle d'effroi à la vue du sang, Douce Merci prie Dieu pour la victoire de Cœur. Bientôt, les ennemis s'enfuient et le preux chevalier reçoit un baiser de sa belle. Il en réclame un second qu'elle lui refuse. Tous se mettent en route pour le château d'Amour, hélas, la route leur est coupée par leurs ennemis. Danger, debout malgré sa blessure, frappe Désir d'un coup d'épée. Dans la bataille qui s'ensuit, Largesse, Promesse, Humble Requête et Bel Accueil sont mis à terre malgré leur bravoure. Cœur se retrouve seul contre tous, acculé à un arbre, couvert de poussière et de sang, il tue ennemi sur ennemi mais finit par recevoir de cruels coups. Il tombe enfin, le heaume défoncé laissant entrevoir sa cervelle. Douce-Merci retombe aux mains de ses geôliers tandis que Pitié sort du buisson derrière lequel elle s'était réfugiée pour porter secours à ses compagnons. Aucun d'entre eux n'ayant reçu de blessure mortelle, tous se relèvent peu à peu, seul Cœur reste pâle et froid sur le sol, mais respirant encore. Dame Pitié le prend sur ses genoux et lui frotta les tempes d'eau fraîche, il ouvre les yeux, demande où est sa dame et ses compagnons, puis réclame qu'on l'amène à l'hôpital d'Amours. Sur ce sombre dénouement, le Roi René s'éveille pour écrire le songe qu'il a reçu, le cœur empli d'angoisse.

 

Interprétation historique de l’œuvre

Cette histoire de trahison fait écho à celle du comte Antoine de Vaudémont. A la mort de son oncle Charles II de Lorraine, ce dernier réclama, au nom de la loi salique, le duché dont venait d'hériter René d'Anjou en épousant Isabelle, fille de Charles II, qui était mort sans héritier mâle. Le comte de Vaudémont se rendit au palais ducal de Nancy pour déclarer la guerre au duc René.

Le seigneur de Chimay, le maréchal de Toulongeon et le duc de Bourgogne Philippe le Bon se rangèrent de son côté. René réclama l'appui du roi de France Charles VII, qui lui confia le vieux chevalier Arnault Guilhem de Barbazan, âgé de soixante-douze ans mais fort preux, surnommé sans reproches, on disait qu'il valait à lui seul une armée. Il avait déjà combattu aux côtés du jeune René, alors âgé de vingt ans, contre les Anglais, notamment lors de la libération de Châlons. Le 2 juillet 1431, à heure de tierce, soit neuf heures du matin, René fait distribuer du vin à ses hommes et lance l'attaque.

 

L'incarcération de Cœur au château du Tertre dénué de liesse est l'onirique souvenir de la propre incarcération de l'auteur. Rapidement, Robert Ier de Sarrebruck-Commercy et Jean d'Haussonville fuient la mêlée, le premier pour retrouver sa belle, à laquelle il avait promis survie, ce qui lui fut sévèrement reproché par le vieux chevalier pyrénéen de Barbazan. Beaucoup d'hommes suivirent leur exemple et préférèrent sauver leur vie plutôt que leur honte. Debout au premier rang, le vieillard Barbazan abattait quiconque osait l'approcher, il voulait mourir comme il avait vécu, brave et debout, et permettre à René de quitter la bataille sauf. Mais le jeune duc de Bar se refusait à suivre le chemin des lâches et décida de combattre tant qu'il voyait la bannière aux deux loups de Barbazan flotter au-dessus du fracas des armes. Acculé à un arbre, couvert de poussière et de sang, entouré de morts et d'ennemis, le chevalier René vit Barbazan tomber mort au bord du petit ruisseau de Vair. Plus tard, René fera bâtir une chapelle en son honneur, et le roi Charles VII transporter son corps en l'abbaye de Saint-Denis, où il rejoindra le caveau du roi Charles V le Bon. Hélas, le tombeau du vaillant chevalier sera détruit par les révolutionnaires. René tendit son épée au maréchal de Toulongeon et fut fait prisonnier. Les chroniqueurs rapportent que ses armées perdirent douze cents guerriers, dont la fine fleur de sa chevalerie, tandis que les rebelles n'en perdirent que quatre cents. René, l'évêque de Metz, et d'autres chevaliers qui avaient vaillamment combattu à ses côtés, furent enfermés au palais des ducs de Bourgogne, à Dijon, dans une tour qui porte aujourd'hui le nom de tour du Bar, en souvenir de René.

Le duc de Bourgogne Philippe le Bon, âgé de trente-six ans, se rendit en sa capitale de Dijon pour y remettre le collier de l'ordre de la Toison d'or au maréchal de Toulongeon, ainsi qu'à d'autres chevaliers vainqueurs de la bataille. Mais, passant sous la tour de Bar, il désira s'entretenir avec René d'Anjou, qui était de son sang, les deux hommes étant effectivement les arrière-petits-enfants du roi de France Jean II le Bon. Le duc de Bourgogne fut alors touché par son cousin au second degré, et le fit libérer. Cette libération engageait le duc de Bar à certaines conditions, qu'il devait remplir sous peine de devoir retourner dans sa prison au terme d'une année. Au terme de ce délai, un héraut du duc de Bourgogne vint à Nancy afficher sur les portes du palais ducal l'article du traité rappelant à René qu'il devait venir reprendre ses fers à Dijon, ce qu'il fit sans hésiter, fidèle à sa parole. Il y restera six ans.

Le thème de l'inaccessible amoureuse, retenue en geôle et disparaissant sitôt la rencontre, découle peut-être de la mort de sa femme Isabelle de Lorraine en 1452. Malade, cette dernière n'accompagnait plus son époux en Provence, région dont il était devenu comte en 1434, et restait cloîtrée en son château d'Angers. René était en son château de Tarascon lorsqu'il apprit la nouvelle, et accourut aussitôt pour recevoir les derniers adieux de sa reine.

 

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Le château de Tarascon.

 

Cette perte fut cruelle pour le roi, qui ne s'en consolât jamais. Sa tristesse le plongea dans une profonde mélancolie durant laquelle il écrivit ses livres, le Traité de la forme et devins comme on fait les tournois, en 1452, Le Mortifiement de Vaine Plaisance en 1455 et Le Livre du Cœur d'amour épris. L'impression de brièveté du bonheur, retiré sitôt atteint, lui vint sans doute également de la courte année qu'il passa sur ses terres angevines, entre le moment de sa libération du palais ducal de Bourgogne et la surprise de sa réincarcération. Entre-temps, le bon roi avait organisé de somptueux tournois et s'était fait fort aimer de sa population, diminuant l'impôt et réformant la justice en faveur des plus humbles.

 

Conclusion

Cette histoire narre la quête malheureuse du chevalier Cœur, guidé par son page Désir, pour la délivrance de Douce-Merci. Les personnages du livre sont des allégories dont les aventures symbolisent des épisodes de la quête amoureuse. Son message est qu'il convient de se conduire avec droiture et honneur sans jamais dévier de l'objet de sa quête, quand bien même celle-ci s'avère inaccessible. De même que dans son ouvrage Le Mortifiement de Vaine Plaisance, la morale est ici que la poursuite des charmes de la chair n'entraîne que les larmes les plus amères.

 

 

Pour le SOCLE

  • Aucun obstacle sinon la mort ne doit venir entraver la quête d'un homme.
  • L'amour est une noble quête, mais reste le salaire de la bravoure et de la droiture.
  • Il convient de se comporter avec bonté et fidélité envers sa mie, que l'on soit heureux ou malheureux en amour.
  • L'homme médiéval se comprend dans la continuité de l'homme antique, qui lui-même se veut l'héritier des héros de l'Age du bronze, et ainsi de suite jusqu'aux pères fondateurs dont la vie se confond avec la mythologie. Ne sacrifions pas à l'idéologie contemporaine de la rupture et sachons qui nous sommes en n'oubliant jamais de qui nous descendons.
  • La vie est dure et les espoirs souvent déçus, mais seuls comptent une vie conforme aux vertus européennes et une mort dans la religion.
  • La chevalerie et la courtoisie sont une somme des vertus européennes, elles doivent autant aux récits de l'Antiquité classique qu'à l'apport chrétien.
  • Le désir semble être un ami, mais se révèle un bien mauvais guide en définitive.

 

 

Notes

(1) La course de bagues est un jeu au cours duquel des cavaliers tâchent d'ôter des anneaux suspendus au moyen de leur lance.

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(2) Un branc d'acier, ou brand d'arçon, est une longue épée à deux mains.

(3) Un escu, ou écu, est un bouclier de forme allongée.

(4) Une poterne est un passage secret intégré aux murailles d'une fortification.

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Poterne du château d'Angers, où René d'Anjou passa la première partie de son enfance.

 

(5) Déduit est un terme désuet désignant un divertissement.

(6) Au Moyen-âge, un guerrier ne devenait chevalier après une action d'éclat. On lui remettait alors, outre ses armes, une paire d'éperons symbolisant son nouveau grade.

(7) Au XVe siècle, les lisseries d'Arras sont les plus réputées d'Europe.

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Tenture de Saint-Eloi, début du XVIe, hospices de Beaune, probablement réalisée à Arras.

 

(8) Le bassinet est un casque médiéval.

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